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On s'est tous défilés |
![]() Retour à Jean-luc Godard |
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On s'est tous défilés |
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| Le défilé de mode des créateurs Marithé et François Girbaud | ||||||||
Quelques mots sur |
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| Pour la troisième fois, Marithé et François Girbaud, qui se sont passés de publicité TV pendant une quinzaine d’années, confient à JLG le soin de réaliser un clip à l’occasion du défilé de leur nouvelle collection. Rares sont les créateurs de mode qui se sont aventurés sur ce terrain. Peut-être parce que derrière ces créateurs se cachent les marchands qui ne raisonnent qu’en terme de visibilité. Ce qu’il convient de traduire par : caméra fixe et glamour à tendance érotique ; détail net et précis de la moindre soierie… Mais il faut croire que Marithé et François Girbaud ne sont pas de cet acabit, qu’ils sont à la mode ce que JLG est au cinéma : d’honnêtes gens. Mais disons deux mots sur ce « On s'est tous défilés ». En voix off, le réalisateur entonne un long monologue qui commence par « Que feront ici des vivants » et se conclut avec, « Essentiellement l'œuvre d'art se suffit à l'oppose des ambitions et des intérêts. ». Tout un programme, aussi bien esthétique que moral. Ce qui revient au même. Et entre ces deux tronçons de phrases, JLG s’adonne à un cinéma expérimental où défilent, puisque tel est le sujet, des passants dans les rues et des mannequins de mode. Où défilent aussi les images des uns et des autres dans un désordre que rythment des tableaux de maitre qui s’enchainent et se fondent, alors que sur la bande-son s’installe le défilé des musiques classiques ou de jazz. Défilé jusqu’au clignotement, jusqu’à frôler l’image subliminale. Et au défilé de jambes et de pieds répond celui des visages de passants ou des fondues enchainées sur les visages de Marithé et François Girbaud. Et les impulsions de chacun de ces éléments, visuels, sonores, signifiants, signifiés, agissent sur la totalité, le film atteint sa résonance pour vibrer et émettre une musique qu’aucun clip n’a jamais atteinte. |
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