A bout de souffle



A Bout De Souffle -

1960
Jean-Luc Godard

Jean-Paul Belmondo : Michel Poiccard/Laszlo Kovacs || Jean Seberg : Patricia Franchini || Daniel Boulanger : l'inspecteur Vital || Michel Fabre : l'adjoint de Vital || Henri-Jacques Huet : Antonio Berutti || Antoine Flachot : Carl Zubert || Van Doude : le journaliste américain, copain de Patricia || Claude Mansard : Claudius Mansard || Liliane David : Liliane || Jean-Pierre Melville : Parvulesco, l'écrivain interviewé à Orly || Roger Hanin : Carl Zombach || Richard Balducci : Luis Tolmatchoff || Jean-Louis Richard : un journaliste || Jean-Luc Godard6 : l'acheteur de France-Soir, rue de Berri || Jean Domarchi : le pochard || François Moreuil : le photographe || René Bernard : un journaliste à Orly || André S. Labarthe : un journaliste à Orly || Jacques Siclier : un journaliste à Orly || Jean Douchet : un passant
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A bout de souffle
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Retour à Jean-luc Godard
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A bout de souffle
Synopsis

Michel Poiccard, un petit marlou, vole une voiture à Marseille pour se rendre à Paris.
Mais en route vers Paris, il tue un policier.
A Paris, où il espère encaisser quelques dettes avant de filer vers Rome, il retrouve Patricia, une jeune étudiante américaine en compagnie de laquelle il se cache de la police qui le recherche.
Et c’est à bout de souffle qu’il s’écroule au carrefour de la rue Campagne-Première et du boulevard Raspail, abattu par la police.

Quelques mots sur
A bout de souffle





Ce premier long de JLG, aujourd’hui considéré comme un des films emblématiques de la Nouvelle Vague, constitue avant toute chose un hommage au cinéma qui a donné envie au réalisateur de faire du cinéma.
Dédié à la firme américaine Monogram Pictures, « A bout de souffle » regorge d’hommages, de clins d’œil et de références filmiques.
Nous y voyons les affiches des films :
• « Tout près de Satan » de Robert Aldrich, 1959.
• « Plus dure sera la chute » de Mark Robson, 1956.
• « Hiroshima mon amour » d’Alain Resnais, 1959.
• « Ce n'est qu'un au revoir » de John Ford, 1955.
• « Le mystérieux docteur Korvo » d’Otto Preminger, 1949.
• « Westbound » de Budd Boetticher, 1959.
Nous y croisons une vendeuse des « Cahiers du cinéma », mais aussi Melville, spécialiste français, en ce temps-là, du genre policier dans le rôle de l'écrivain Parvulesco.
Et la présence de ce cinéma, que Godard adore, peut aussi se déceler dans certaines scènes ou certains dialogues :
• Il saute aux yeux de chacun que Michel Poiccard s’identifie au Humphrey Bogart de « Plus dure sera la chute » (Image 2).
• Mais l'inspecteur Vital n’est-il pas, lors de sa première apparition (Image 1), la réplique du Orson Welles de « La Soif Du Mal » ?
• Et la tirade, « Tu te rappelles quand tu as donné ton ami Bob » que lance cet inspecteur, n’est-ce pas une allusion à « Bob le flambeur » (Jean-Pierre Melville, 1956) ?
• Quant à la scène où Michel Poiccard assomme le client (1) d’un bar dans les toilettes, ne s’agit-il pas d’un clin d’œil à « La femme à abattre » (Raoul Walsh, 1951)
• L'iris se referme deux fois, pour deux ellipses débordant du souvenir du cinéma muet.
• Patricia regarde Michel à travers d’une affiche transformée en longue-vue (Image 3). JLG se souvient de « Forty guns » (Samuel Fuller, 1957) où un fusil remplaçait l'affiche. (2)
• Et le caméo de JLG dans le rôle du mouchard ne s’agit-il pas d’un hommage à Alfred Hitchcock ?

« « A bout de souffle » je le situe du côté où il doit se situer : celui d’ « Alice au pays des merveilles ». Moi, je croyais que c’était « Scarface ». « A bout de souffle » est une histoire, pas un sujet. ». Cahiers du cinéma n° 138, décembre 1962, Spécial « Nouvelle Vague », entretien réalisé par Jean Collet, Michel Delahaye, Jean-Andre Fieschi, Andre S. Labarthe et Bertrand Tavernier.
Mais de quelle histoire s’agit-il ? Un polar qui se serait pris les pieds dans une histoire d’amour ? Ou une romance sur les grands boulevards qui se serait glissée dans la diégèse du polar ? A moins que ce ne soit l’histoire d’une trahison… Mais peut-être n’est-ce que l’histoire d’un type, qui ayant quelques jours à tuer, souhaiterait les meubler en baisant une jeune étudiante américaine ; malheureusement de fil en aiguille il en tomberait amoureux au point de désirer rester auprès d’elle ?
Mais une autre hypothèse peut être formulée : c’est l’histoire d’un sampling, d’un emprunt récurrent à toutes les formes d’art, à toutes les manifestations de la vie.
Car à tous les collages cinématographiques, s’ajoutent ceux venant de la peinture, de la littérature, de la musique :
• Picasso avec « Les amants » (1923), « Jacqueline avec des fleurs » (1954) et « Nouvelle Année » (1959)
• Paul Klee avec « Le timbalier » (1940) et « La brute timide » (1938)
• Pierre-Auguste Renoir avec « La petite Irène » (1880)
• Degas avec « La danseuse assise »

• Faulkner avec « Les palmiers sauvages »
• Maurice Sachs avec « Abracadabra »
• Dylan Thomas avec « Portrait de l'artiste comme jeune chien ? »

• Parvulesco, Aragon, Guillaume Apollinaire, Lénine… Bach et Mozart

Tout se mélange et se juxtapose dans une même scène (Image 4) pour créer une nouvelle image, un nouveau tableau, de nouvelles résonnances. Et les scènes s’accolent, faisant fi des raccords, comme les jump cut hachent la scène, l’allège et l’accélère, approfondissant le hors champ et démultipliant, par la même, l’espace filmique. De ce collage, aux formes fractales, jaillit le film dont le cœur bat au rythme d’une jeunesse libre, d’une époque sur la route du post gaullisme

Et lorsque vient l’instant du dénouement (3) JLG se moque de la vraisemblance filmique :
• Les policiers tirent (Image 5).
• Touché au dos, Michel Poiccard, court au milieu de la rue. Un travelling avant le suit à distance, entrecoupé de contrechamps sur Patricia (Image 7).
• Michel Poiccard s’effondre (Image 6).
• Gros plan sur Patricia (Image 6)… et Patricia devient Bogard (Image 8)…
Mais où sont passés les policiers qui auraient dû être dans l’axe ?
Est-ce Patricia qui a abattu Michel Poiccard ? Oui, en voulant se sauver et le sauver, elle l’a tué.
Est-ce dégueulasse ? Non, c’est normal :
« Les voleurs volent, les assassins assassinent, les mouchards mouchardent… les amoureux s’aiment ».

1- Jean Domarchi interprète ce client. Il s’agit d’un critique qui travaillait pour la Gazette du cinéma d’Éric Rohmer puis Les Cahiers du cinéma.

2- « Eve vend des fusils. Gene la vise pour s'amuser. La caméra prend sa place et l'on voit Eve à travers le canon du fusil. Travelling avant jusqu'à ce que la bouche du canon la cadre en gros plan. Plan suivant : elle et lui en train de s'embrasser. » Cahiers du cinéma n°76, novembre 1957

3- « Ce qui m'a demandé du mal, c'est la fin. Le héros allait-il mourir ? Au début, je pensais faire le contraire de, par exemple, « The Killing » : le gangster réussissait et partait pour l'Italie avec son argent. Mais c'était une anticonvention très conventionnelle, comme de faire réussir Nana dans Vivre sa vie et la montrer roulant voiture. Je me suis dit a la fin que, puisqu'après tout mes ambitions avouées étaient de faire un film de gangsters normal, je n'avais pas a contredire systématiquement le genre : le type devait mourir. Si les Atrides ne se massacrent plus entre eux, ce ne sont plus les Atrides » entretien réalisé par Jean Collet, Michel Delahaye, Jean-Andre Fieschi, Andre S. Labarthe et Bertrand Tavernier.

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