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| Anne-Marie Miéville : Odette || Michel Marot : le rédacteur en chef |
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Comment ça va? |
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Comment ça va? |
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| Deux militants doivent fabriquer un film afin de montrer comment est fabriqué leur journal communiste. Odette explique qu’avant de montrer, il faut regarder. La jeune femme et le rédacteur en chef vont, en partant de l’observation d’une photo de la révolution des Œillets au Portugal et de sa comparaison avec une photo de la grève du « Joint Français » (filiale de la Compagnie générale d'électricité à Saint-Brieuc - 13 mars 1972 au 8 mai 1972), s’interroger sur l’information, sa fabrication, sa manipulation… |
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Quelques mots sur |
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| JLG semble avec ce film reprendre goût au scénario, à l’intrigue comme vecteur narratif. Deux militants doivent réaliser un documentaire qui montre comme est fabriqué le journal communiste. L’homme et la femme visionnent les premières séquences puis, après quelques minutes, l’homme décide qu’il convient de couper là, que le reste ne présente pas d’intérêt. La femme ne partage pas cet avis et souhaite visionner tout ce qui a été filmé. A partir de cette activité et de cet incident, JLG et sa complice AMM le livrent à une critique en règle de l’information, du traitement des images, du légendage, etc. Mais à la différence de « LETTER TO JANE » où JLG et Gorin pratiquaient un exercice semblable, ici aucune réponse n’est réellement fournie, car entre-temps JLG a rompu avec la phraséologie marxiste-léninisme, c'est-à-dire avec le simplisme maoïste. Seules les questions intéressent le nouveau duo, car elles seules permettent de chercher de nouvelles réponses. Et leur interrogation se concentre sur le parallèle entre le mouvement des yeux du rédacteur et celui des mains de la secrétaire, des mains qui avancent à l’aveugle dans un mouvement qui interdit de voir. Or pour montrer, il faut d’abord voir. Il faut s’appuyer sur des images simples, les regarder et ne pas vouloir leur faire dire ce qu’elles ne disent pas, ou plutôt demander autour de soi ce qu’elles peuvent bien vouloir dire. En d'autres termes, il convient d’enlever le mot rêve du mot grève. Et dans un dialogue permanent avec le rédacteur en chef qui personnifie l’approche ordinaire, c'est-à-dire non interrogative de l’information, « Comment ça Va? » s’attache à exposer comment ça ne va pas ; comment vitesse et information sont antinomiques ; comment dans le silence il y a de la parole, c'est-à-dire de l’information ; comment le bruit est un élément essentiel de la communication. Aux galeries Lafayette, il se passe toujours quelque chose… mais le problème c’est qu’on ne dit jamais quoi… parce que l’on peut très bien décider de ne pas le voir « Lui : Tu n'as rien vu à Hiroshima. Rien. Elle : J'ai tout vu. Tout... Ainsi l'hôpital je l'ai vu. J'en suis sûre. L'hôpital existe à Hiroshima. Comment aurais-je pu éviter de le voir ? Lui : Tu n'as pas vu d'hôpital à Hiroshima. Tu n'as rien vu à Hiroshima... Elle : Je n'ai rien inventé. Lui : Tu as tout inventé. Elle : Rien. De même que dans l'amour cette illusion existe, cette illusion de pouvoir ne jamais oublier, de même j'ai eu l'illusion devant Hiroshima que jamais je n'oublierai. De même que dans l'amour. » |
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