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| Sandrine Battistella || Jean-Luc Godard || Pierre Oudrey || Alexandre Rignault || Rachel Stefanopoli |
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Numéro deux |
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Numéro deux |
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| - c'est pas de la politique, c'est du cul. - non, c'est pas du cul, c'est de la politique. |
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Quelques mots sur |
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| « Numéro deux » aurait pu s’intituler « Numéros trois », puisqu’il marque le début d’une troisième période dans la démarche artistique de JLG, ainsi que dans sa vie (1). Durant les dix premières minutes, nous entrevoyons l’ombre de JLG pendant que son visage est projeté sur un écran et nous l’écoutons justifier ce que nous allons voir : la fabrication d’un film possible là où il est, c'est-à-dire « qui regarde autour de soi » (2). Exit le discours asphyxiant de la voix off marxiste-léniniste, exit la voix off immanente, place à la parole théâtralisée de la vie quotidienne. Et lorsque JLG cède sa place à deux écrans de télévision, et si la voix off a encore droit de cité, ce n’est que pour quelques minutes, et seulement pour s’interroger sur la nature du film : « - c'est pas de la politique, c'est du cul. - non, c'est pas du cul, c'est de la politique. » À moins que ce ne soit les deux ensembles ? Actualité et fiction ; politique et cul. C’est ce que suggèrent les images qui défilent sur les télévisions : Sur l’écran du bas : manifestations syndicales du premier mai à Paris à Moscou ; discours des dirigeants syndicaux ; présentateur de TF1 (3) etc Sur l’écran du haut : générique de « Vincent, François, Paul et les autres » ; du « Guépard » ; de « La Fureur du dragon » ; de « La tour infernale » et de « la dévoreuse de sexe » etc Entre ces deux écrans, ou plutôt à côté, s’allume un troisième écran, troisième écran qui chasse les précédents avant de se diviser lui-même en deux et met un terme à la bataille sonore que se livraient réalité et fiction. Ce que nous voyons n’est pas une réelle fiction, mais une fiction réelle. Ce n’est pas une image juste, ni juste une image, mais une image vidéo c'est-à-dire un film amateur, un film de famille qui s’auto envisage en terme d’usine, comme un lieu de production et reproduction, c'est-à-dire de tâches ménagères et de sexualité. Mais la famille ne s’apparente pas uniquement à l’usine par ces deux activités, elle est, elle aussi, un univers de pouvoir et d’enfermement, de solitude et de lassitude, d’incommunicabilité et de violence. • L’homme décide la position qu’il convient d’adopter dans cet « écran » étouffant (Image 4). • « Et pourtant... La solitude... La solitude! » Léo Ferré la passion cède la place à des gestes mécaniques (Image 5) ou solitaires (Image 6). • « Les gens, il conviendrait de ne les connaître que disponibles à certaines heures pâles de la nuit » Léo Ferré « Il s’est passé un truc assez terrible. Sandrine avait baisé avec un autre type et elle ne voulait pas me dire qui. J’ai eu envie de la violer. Elle s’est laissé faire. Finalement, je l’ai enculé… alors, elle s’est mise à hurler. Après on s’est aperçu que Vanessa avait tout regardé » (Image 3). Et le film se clôture sur le retour à l’écran d’un JLG épuisé pendant que la bande-son est envahie de • « Et l'on se dit qu'il est bien tard... (…) les copains de ces temps-là vivaient parfois » • « Ces yeux qui te regardent et la nuit et le jour Et que l´on dit braqués sur les chiffres et la haine Ces choses "défendues" vers lesquelles tu te traînes Et qui seront à toi Lorsque tu fermeras Les yeux de l´oppression » Léo Ferré 1- En 1971, un accident de moto laisse Jean-Luc Godard alité et hospitalisé durant une très longue période. Il rompt avec le Groupe Dziga Vertov et rencontre Anne-Marie Miéville. 2- Il explique, aussi, que ce film résulte d’un besoin d’argent 3- De son ancêtre |
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