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British Sounds



British Sounds - See You At Mao

1969
Jean-Luc Godard
coréalisé avec Jean-Henri Roger
- signé à posteriori par le Groupe Dziga Vertov -

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British Sounds

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British Sounds
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Retour à Jean-luc Godard
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British Sounds
Synopsis

La bourgeoisie fabrique un monde à son image. Camarades, commençons par détruire cette image!

Quelques mots sur
British Sounds

A l’image de tous les films de cette période, celui-ci est une commande de la télévision, ici de la South London Weekend Television. Et comme toujours celui-ci, une fois terminé, sera refusé (1).

Comme son nom l'indique, ce film est fondé sur des sons, sur la relation dialectique entre bande-son et bande-image, qui parfois, mais délibérément, discordent et se désynchronisent.
L’étude de cette relation court sur six séquences distinctes que relie le discours marxiste-léniniste de la voix off.
«
Séquence 1.
— Long travelling latéral (2) sur la chaîne de montage des M.G. de sport dans l'usine « modèle » de la British Motor Corporation à Oxford.
— Mixage-collage de plusieurs éléments sonores :
— Une voix forte d'homme qui lit des passages du « Manifeste communiste ».
— La voix d'une petite fille qui répète pour mémoire sa leçon de marxisme, les dates importantes de la lutte des classes en Angleterre.
— Les bruits de l'usine composés d'une bande synchrone assez basse, donc supportable, et d'une bande de haute intensité sonore qui couvre la lecture et rend physiquement sensible au spectateur « l'ambiance sonore » pendant le travail a la chaîne.

Séquence 2.
— Image :
— Plan général fixe, en contreplongée, d'une cage d'escalier dans une maison bourgeoise. Une femme nue traverse le champ, monte et descend d'escalier.
— Plan moyen de la femme assise. Elle parle au téléphone.
— Gros plan très long cadrant le ventre, le sexe et les cuisses.
— Son : deux voix off
— La femme, qui appartient au M.L.F. britannique, lit des textes sur la condition féminine, sur l'exploitation par l'homme.
— Un homme demande clans quels termes il faut poser la question de cette exploitation.

Séquence 3.
— Image d'un speaker de TV (3) entrecoupée d'images de travailleurs isolés.
— La voix du speaker représente « le son du Capital ». Son intervention est faite de discours de Wilson, Heath, Pompidou, Nixon, etc. De temps à autre on entend une autre voix, basse, qui demande aux travailleurs isolés de s'unir et de se syndiquer.

Séquence 4. « Son d'ouvriers ».
— Image d'une réunion de militants ouvriers (trotskystes). La caméra panoramique constamment, en évitant de cadrer celui qui parle. On les entend en off qui discutent des bas salaires, des cadences, etc.
La caméra cadre enfin un jeune ouvrier qui exprime avec conviction la nécessité d'un Parti révolutionnaire pour combattre le système capitaliste. Pour la première fois dans le film, la voix et le visage sont synchrones et accordés.

Séquence 5. « Son d'étudiants ».
— Un groupe d'étudiants a Essex : ils fabriquent des posters gauchistes, ils critiquent et réécrivent une chanson des Beatles.
— Ils discutent de la manière de combattre l'idéologie bourgeoise dans les affiches et les chansons populaires. Un commentaire off soulève des questions théoriques sur les moyens de créer des images et des sons autres que ceux de l'impérialisme.

Séquence 6. « Son de la Révolution »
On y voit une main couverte de « sang » qui relève le drapeau rouge dans la neige et la boue. On entend des chansons révolutionnaires.
Comme en ouverture, des poings crèvent l'Union Jack. Des voix affirment la solidarité avec les luttes ouvrières et étudiantes.
» (4)

La séquence deux, introduite par la phrase :
« La relation entre les hommes dépende de la relation entre les femmes et les hommes »
mérite quelques instants de réflexion puisque c’est avec elle que s’impose la lutte entre les images et le son.
cette séquence se déroule dans un intérieur silencieux d’une maison anonyme où une femme nue va de pièce en pièce. A la différence de la première séquence, puis des autres séquences, il n’existe pas de sons pour le silence de cet intérieur ou pour ce corps de femme. Le discours marxiste et la voix féministe ne peuvent pas seulement se concaténer, il convient de découvrir une parole adéquate qui ne peut se contenter du grotesque énoncé : « l’analyse marxiste-léniniste de la meilleure façon de baiser ».
C’est à cette recherche qu’est consacrée cette séquence. Et c’est de la désynchronisation entre les propos de la voix off et l’image d’une femme nue que jaillissent ces possibles paroles. Le spectateur entend un discours rassurant pour un militant, car marxiste-féministe, pendant que ses yeux découvrent des images pornographiques (5). En d’autres termes, la contradiction entre image et son renvoie à la contradiction que vit le militant mâle. De la résolution de cette contradiction dépend « La relation entre les hommes », c'est-à-dire la possibilité de la révolution.



1- Il ne sera que très partiellement montré, le 2 janvier 1970, au cours d'un débat. Il s’agit du premier film revendiqué par le groupe Dziga Vertov. En fait, il aurait été coréalisé avec le militant maoïste de « La Cause du peuple » Jean-Henri Roger.
Jean-Henri Roger participe ensuite au groupe « Cinélutte » qui réalise plusieurs films sur les luttes sociales. Il enseigne, dès 1972, au département de cinéma du centre expérimental de Vincennes (devenu l'université Paris VIII).
Il s'associe à l'actrice Juliet Berto. Avec elle il réalise ses deux premiers longs métrages de fiction Neige (1981) et Cap Canaille (1982). Il signe son troisième long métrage, Lulu, en 2001. Puis ce sera Code 68 en 2005. (Wikipédia)
Il dira « Pour moi, Godard ressemble à l’ouvrière des usines Wonder : il décide de ne plus rentrer à l’usine, de ne plus faire de films comme avant. La grande idée de 68, c’est : du passé, faisons table rase. C’est le courage d’avoir remis en cause tout ce avec quoi on vivait : et souvent pas si mal. Il faut voir qui était alors Godard : un cinéaste de référence dans le monde entier. Juste avant 68, il réalise La Chinoise dans le cadre d’un système de production qui acceptait sa radicalité. Et là, il dit, « même ça, je ne le ferai plus ». » http://www.regards.fr/culture/l-esprit-de-mai-entretien-avec

2- Qui répond à celui de « Week end », en mettant en scène la violence du Capital

3- Ce jeune, par ses propos fascistes, fait plus penser à un militant d’extrême droite qu’à un présentateur de TV

4- « L’avant scène cinéma » juillet/sept 1976

5- Nous sommes en 1968, et les photos de femmes dans les revues pour homme (moderne), floutent le sexe féminin. Autant dire que cette séquence, qui aujourd’hui, à l’heure du web, peut sembler angélique, était une séquence hard.

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