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| Jean Yanne : Roland || Mireille Darc : Corinne || Jean-Pierre Kalfon : le chef du FLSO || Jean-Pierre Léaud : Saint-Just || Yves Beneyton : un membre du FLSO || Valérie Lagrange : la femme du chef du FLSO || Anne Wiazemsky : la fille à la ferme et un membre du FLSO || Michel Cournot : l'homme dans la basse-cour || Paul Gégauff : le pianiste || Daniel Pommereulle : Joseph Balsamo || Yves Afonso : Gros Poucet || Virginie Vignon : Marie-Madeleine || Juliet Berto : la bourgeoise dans l'accident et un membre du FLSO || Blandine Jeanson : Emily Brontë et une fille à la ferme || Ernest Menzer : le cuisinier || Helen Scott : une femme en voiture || Georges Staquet : le conducteur du tracteur || Sanvi Panou : l'éboueur noir || László Szabó : l'éboueur arabe || Michèle Breton : la fille dans les bois || Jean Eustache || Corinne Gosset || Louis Jojot |
807 lectures |
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Week-End |
![]() Retour à Jean-luc Godard |
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Week-End |
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| Un couple de français moyens parti en week-end chez une parente dont ils doivent hériter est confronté aux embouteillages. Un accident le contraint à terminer son périple, à travers la barbarie et la misère, à pied. Mais la parente refuse de leur léguer sa fortune : ils la tuent. Enfin riches, ils sont kidnappés par le groupe armé du Front de Libération de Seine-et-Oise… |
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Quelques mots sur |
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| La rupture, c’est maintenant: en 1967. Mais elle n’est que formelle, il faudra attendre l’apprêt 68 pour qu’elle débouche sur le politique. Pour autant, elle n’en contient pas moins les prémisses de l’exploration de cet immense continent. « Week end » est célèbre pour au moins un plan-séquence : le travelling le plus long de l'histoire du cinéma ; un travelling de trois cents mètres le long d'une petite route départementale. Un travelling sur une apocalypse routière et meurtrière où explose la morgue de la petite bourgeoisie parvenue, individualiste et égoïste. Mais ne convient-il pas de mettre ce mouvement rectiligne de caméra en écho avec un autre mouvement de caméra tout aussi long, mais circulaire ? A la ligne droite, de la barbarie qui transforme les paysages bucoliques en champs de bataille, semble répondre le cercle, illustration de la culture et de la civilisation, décrit deux fois dans un sens puis une fois dans l’autre. Partant d’un Jean Yanne fumant et bâillant, la caméra embrasse une cour de ferme où chacun vaque paisiblement alors que résonnent des notes de Mozart et qu’un quidam jaillit du chaos acculturé ébauche une leçon de musique. Et le film, né de la nécessité de tendre l’oreille, d’écouter attentivement les paroles et les discours, lors d’une scène à l’érotisme hallucinant, s’enfonce, chaque minute, dans la sauvagerie d’un monde en décomposition, d’un monde où l’on brule Emily Brontë, où la vie d’un semblable n’a pas plus d’importance que celle d’un lapin ou d’un porc. Dans cet univers où le hurlement des klaxons annihile la musique, où les vivants demandent leur route aux morts, où le détour n’a plus le droit de cité, l’espoir peut-il venir de la destruction des totems et tabous ? A l'horreur de la bourgeoisie, faut-il répondre par plus d'horreur encore ? Faut-il sortir de la civilisation et retourner au cannibalisme ? A tout cela, JLG n’offre encore qu’un nihilisme absolu comme réponse. Un nihilisme aussi bien social qu’esthétique. A ceux qui lui ont reproché ses faux raccords, il répond par de faux raccords annoncés, des déraillements de pellicule pour accentuer des fracas de ferraille, des bégaiements de bande-son comme autant de nécessité de repenser l’Histoire. A ceux qui s’offusquent d’un cinéma offrant le spectacle de la noirceur sociale, il répond par le spectacle de l’indifférence. Indifférence au viol, au meurtre, à la mort, à la culture, à « Tout ce que l'homme fut de grand et de sublime Sa protestation ses chants et ses héros » |
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