John Carpenter - Prince des ténèbres - Prince of Darkness - sur le site RayonPolar


Prince des ténèbres



Prince Des Ténèbres - Prince Of Darkness

1987
John Carpenter

Donald Pleasence : le père Loomis || Victor Wong : le professeur Birack || Jameson Parker : Brian Marsh || Lisa Blount : Catherine Danforth || Dennis Dun : Walter || Susan Blanchard : Kelly || Anne Marie Howard : Susan Cabot || Ann Yen : Lisa || Ken Wright : Lomax || Dirk Blocker : Mullins || Jessie Lawrence Ferguson : Calder || Peter Jason : Dr. Paul Leahy || Robert Grasmere : Frank Wyndham || Thom Bray : Etchinson || Alice Cooper : un clochard schizophrène
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Prince des ténèbres
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Prince des ténèbres
Synopsis

Un prêtre meurt en laissant un bien étrange testament.
Dans une crypte de l’église désaffectée qu’il gardait, son successeur découvre un étrange cylindre contenant une matière verdâtre, ainsi qu’un manuscrit en latin.
Troublé par ces découvertes, il fait appel à une équipe de scientifiques spécialisés dans l’étude de l’antimatière.
Les chercheurs s’installent pour un week-end dans l’église.
Mais ils sont aussitôt assiégés par une armée de sans-abris alors que du cylindre s’échappe le Prince des Ténèbres...

Quelques mots sur
Prince des ténèbres





Le cinéaste réalise ce film, qu’il dit constituer le second volet de la « Trilogie de l'Apocalypse » (1), après l’échec au box-office des « Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin » (2). Contraint de se satisfaire d’un budget modeste, John Carpenter fait appel à toute sa virtuosité pour réaliser ce « Prince des ténèbres » où il mêle, avec ironie, science et croyances avant de conclure par une violente charge antireligieuse.
Mais il est vrai qu’un contenu anticlérical court tout le long du film, il constitue même le pivot autour duquel s’articule le scénario qui énonce dès les premières images (Image 1) que les événements sanglants qui vont suivre sont la conséquence des mensonges de l’Eglise Apostolique et Romaine. Le Vatican, en tenant secrète l’existence d’un palimpseste millénaire, qui met à mal la Vérité Révélée, expose l’humanité au pire des dangers. Et lorsque vient l’instant du dénouement, la critique n’est plus implicite, elle se hisse au rang de l’explicite. Le Père Loomis (3), Bible à la main, prières aux lèvres, implore l’aide de Dieu… Mais le « Christ-Jésus, le Messie, l’Emmanuel, notre Sauveur et notre Dieu » ne lève pas le petit doigt pour secourir les malheureux que le mal absolu envahit de sa volonté.

Laissons de côté cet aspect irrévérencieux, à la limite du blasphématoire, pour porter notre attention sur deux autres facettes de ce film.
Parlons, dans un premier temps, d’un peu de géométrie. Chaque film cache une figure dominante sous une multitude de courbes envahissantes. Ici, en deçà des droites, verticales, perpendiculaires, et parallèles, parfois mortelles (Image 3), c’est le cercle qui régit l’action (4). Le mal est contenu dans un cylindre, l’église est encerclée, la première victime des « zombies » est empalée à une fourche de bicyclette et retombe au sol maintenu par la roue de ce vélo (Image 3)… et cette forme n’est pas sans conséquence quant au climat d’angoisse qui parcourt le film. Elle définit un huis clos dont personne ne peut sortir vivant, car un cercle n’offre aucune issue de secours et ceci d’autant plus lorsque son centre gouverne sa périphérie.
Le second aspect qu’il convient de souligner a trait au genre même de ce film qui puise ses racines esthétiques dans le théâtre du Grand Guignol (5). Le Mal (6) fuit de sa prison de verre, il doit inonder le monde, asservir l’Homme... Et c’est par l’entremise d’éjaculations faciales qu’il atteint cet objectif (Image 4-5 – 6). Mais le mal n’oublie pas l’essentiel : le but de la sexualité demeure la reproduction (Image 7). Et lorsque l’enfant parait, il ne peut qu’être à son image : hideux (image 8) (7).
Notons, pour finir cette succincte approche de ce film où John Carpenter déploie avec brio tout son talent de conteur horrifique, que l’aspect sexuel qu’il renferme et sur lequel il s’ouvre (Image 2) ne fait que renvoyer au cercle, celui des bouches ouvertes qui récoltent la semence ou celui des ventres arrondis….


1- le premier étant « The Thing » et le troisième « L'Antre de la folie »

2- John Carpenter fait appel à des acteurs présents dans ce film : Victor Wong, Dennis Dun

3- Loomis est le nom du psychiatre qui pourchasse Michael Myers, le tueur d’Halloween, nom repris de « Psychose » dans lequel un certain Sam Loomis est l'amant de Marion

4- On retrouve cette même configuration dans les films « The thing » et « Assaut ».

5- Théâtre situé au 7 Cité Chaptal à Paris dans le 9e arrondissement. Il ouvre ses portes le 13 octobre 1897, et est très vite victime de la censure. Son propriétaire et auteur Oscar Méténier se voit interdire la pièce « Lui ! » qui mettait en scène une prostituée et un assassin dans une chambre d’hôtel (Wikipédia)

6- Ce mal mérite une majuscule puisqu’il s’agit du Père De Satan !

7- Satan le fils de son Pére s’incarne ici dans le corps d’une femme. Celle-ci va tendre la main à son géniteur au travers d’un miroir… Faut-il en conclure qu’une femme ne résiste jamais à l’attrait d’un miroir ?

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