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Stéphane Audran : Hélène Masson || Michel Bouquet : Charles Masson || François Périer : François Tellier || Henri Attal : Cavanna || Dominique Zardi : Prince || Jean Carmet : Jeannot |
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Juste avant la nuit |
Retour à Claude Chabrol |
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Juste avant la nuit |
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Charles Masson, chef d'entreprise et père de famille, au cours d'un rapport sadomasochiste avec sa maîtresse Laura, étrangle celle-ci dans le studio parisien où ils se rencontrent. Charles se réfugie dans un bar afin de retrouver ses esprits. François Tellier, son meilleur ami, mais également le mari de sa maîtresse Laura, fait irruption dans ce bar… et reçoit un coup de téléphone l’informant qu’il est arrivé malheur à sa femme Charles rentre chez lui où il retrouve sa femme et ses enfants… sa vie va-t-elle reprendre son cours ordinaire ? Rien n’est moins sûr, car François Tellier ne tarde pas à découvrir que Laura le trompait... |
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Quelques mots sur |
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Nous retrouvons dans ce film toujours la même thématique de la bourgeoisie, antre du mutisme et de la violence. Charles Masson a tué sa maîtresse lors de jeux sexuels extrêmes (Image 2) ; il mourra parce que, rongé par la culpabilité, il souhaitera briser le silence que lui impose son univers (Image 8). Mais observons le visage d’un homme. • Image 1 : A quoi pense cet homme noyé dans le noir ? L’absence de décors serait-elle un indice ? Mais un indice de quoi ? Nous ne pourrons répondre à ces questions qu’au terme du prégénérique, car en soi cette image n’a aucune signification et ne se chargera que du sens que lui conférera l’intrigue. • Image 3 : A quoi pense cet homme perdu dans la foule d’un enterrement ? Ce n’est pas sur son visage que nous pouvons lire la réponse, car celui-ci n’exprime rien de particulier si ce n’est peut-être une légère absence. Mais peut-être pouvons-nous tenter une simple équation : enterrement + regard dans le vague = l’homme pense à la mort. Ainsi, l’image ne puiserait son signifié que du lieu. Mais nous savons qu’il n’en est rien, car nous avons vu les images qui précédent celle-ci. • Image 4 : A quoi pense cet homme qui sur dresse devant le blanc d’un rideau ? Quels sont les sentiments qui l’habitent ? A-t-il peur ? La colère le ronge-t-elle ? Est-il triste ou taraudé par la culpabilité ? Serait-il envieux d’un objet hors champ ? La réponse n’est accessible qu’au regard de l’image 2. • Image 5-6-7 : L’homme n’est plus seul : une femme lui fait face ; un enfant le tient par les épaules ; une femme l’observe. Mais son visage est semblable à celui qu’il arborait dans les images 1, 3, 4. Toujours ambigument inexpressif, toujours marmoréen. En soi de ce visage n’émane que le néant ou la possibilité de tous les sentiments. Il suffit de les énoncer pour qu’ils collent à ses traits impassibles, il suffit que le contexte les y inscrive. Et la globalité du film les a gravés, non pas sur ce visage, mais dans notre esprit. Ainsi, le sens ne viendrait pas de l’image, il ne viendrait même pas des images qui l’enserrent, il ne serait que la projection des connaissances du spectateur. Pour preuve, dans l’observation des images 1, 3, 4, 5, 6, 7, substituons au mot homme, qui ne renvoie qu’à l’ignorance, le mot assassin, qui lui indique le savoir, et le visage de Michel Bouquet se défait de toute banalité. |
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