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Eddie Constantine : Lemmy Caution -- Philippe Lemaire : Enrico Prazetti -- Gaia Germani : Géraldine -- Christiane Minazzoli : Carletta Strasser -- Guy Delorme -- Elmer Whittaker -- Robert Berri -- Kriss -- Henri Cogan : Pierrot -- Hubert Deschamps -- Jacques Hilling -- Yvan Chiffre -- Colin Drake : Colonel Willis -- Jacques Seiler -- Karin Lepine -- Raoul Billerey -- Max Gulak |
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A toi de faire, ma mignonne |
![]() Retour à Lemmy Caution |
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A toi de faire, ma mignonne |
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Olivia Brent, agent du F.B.I infiltré auprès du le professeur Elmer Whittaker, est assassiné. Quant au professeur, il a disparu, tout comme sa fiancée Géraldine. Lemmy Caution est chargé de l’affaire. Débarqué à Paris où le conduit la trace des kidnappeurs, il rencontre un certain Enrico Pranzetti, qui sous la fausse identité d’un agent des Services de Renseignements est en fait le dangereux assassin, que secondent deux femmes, Valérie et Montana, anciennes reprises de justice. Au terme d’une enquête faite de coups de poing, Lemmy caution découvre ce qui se cache réellement sous cette affaire de kidnapping. |
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Quelques mots sur |
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« A toi de faire ma mignonne » constitue le dernier volet des aventures de Lemmy Caution, car même si ce personnage apparaît encore à de multiples reprises à l’écran, il ne sera plus le Lenny pour les dames. Et comme aurait-il pu en être autrement puisqu’un an plus tôt un héros aux relents de modernisme avant-gardiste envahissait les écrans blancs de la planète. Exit Lemmy, bienvenu James. Et c’est peut-être parce que Bernard Borderie avait perdu de vue les intentions qui l’avaient poussé à porter au cinéma un des personnages de Peter Cheyney que meurt, sous sa caméra, la série (1). Car force est de constater que nous sommes loin des coloris américains qui caractérisaient les premiers épisodes. Si l’on excepte l’ouverture du film, censée se nouer aux USA, l’ensemble de l’intrigue se déroule à Paris. Et cela n’aurait que peu d’incidences si le ton n’était pas ouvertement Français, tant par les surnoms des truands, par le caractère des flics, les silhouettes des quidams, le commun des voitures, inexistence de gadgets aux senteurs outre-Atlantique (2) que par le personnage de Lemmy Caution qui semble par trop acclimaté à la France. Totalement enraciné dans le décor hexagonal, « A toi de faire ma mignonne » ne semble animé que par l’envie de provoquer la censure gaulliste, non pas sur le terrain politique, mais sur celui des mœurs et plus spécialement de la sexualité(3). Nombreuses sont les scènes, certes furtives, où les actrices sont filmées en sous-vêtements ou les jambes généreusement offertes aux spectateurs. Scènes qui se déclinent tout au long du film avec : Carletta Strasser enfilant un peignoir blanc au sortir de la douche, peignoir qui s’ouvrira à deux reprises dans les minutes qui suivent ; gros plan sur les jambes de Montana qui vient d’évidence de faire l’amour avec son amant et qui évoluera par la suite jambes nues ; bataille entre Carlotta et Montana qui permet aux spectateurs de suivre un emmêlement de jambes nues(4). L’affrontement entre Lemmy Caution et Géraldine offre une nouvelle l’occasion à Bernard Borderie de montrer des jambes nues comme le sera le crêpage de chignons final qui met aux prises Montana et Géraldine. Et cette volonté provocatrice est d’autant plus incontestable que Lemmy, dans des apartés en direction des spectateurs, s’exclame : « Attention à la censure ». Avertissement qu’il aurait pu lancer lorsque les protagonistes de la bagarre finale, aux allures de mêlée de rugbymen, chutent dans des cuves de lait probablement caillé(5). 1- Dans les années qui suivent, Bernard Borderie tournera « Angélique marquise des anges », « Angélique et le Roy », « Merveilleuse Angélique », « Indomptable Angélique », « Angélique et le sultan ». Un sujet sans concurrence. 2- Car on ne peut pas appeler gadget la vieille valise de voyage où Lemmy à installé son récepteur radio qui lui sert à localiser des bandits 3- le 21 mars 1967 les étudiants de Nanterre décident de manière spontanée d'investir le bâtiment de la cité universitaire réservée aux étudiantes… 4- La scène se conclut sur une pointe de sadisme hors-champ. Prazetti, après avoir refroidi les ardeurs des combattantes dans grand seau d’eau, quitte sa ceinture et, alors que Montana allume la radio, il se met à fouetter Carlotta. 5- Ces scènes de chutes dans des bacs de laits visqueux, que nous retrouverons dans « l’aile ou la cuisse », sont d’autant plus troublantes quant aux intentions du cinéaste qu’elle se conclut étrangement. Géraldine asperge d’un seau de lait le visage de Montana… |
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