Russ Meyer - Serpent noir - Black Snake - sur le site RayonPolar


Serpent noir



Serpent Noir - Black Snake

1972
Russ Meyer

Anouska Hempel ... Lady Susan Walker
David Warbeck ... Sir Charles Walker / Ronald Sopwith
Percy Herbert ... Joxer Tierney
Thomas Baptiste ... Isiah
Milton McCollin ... Joshua
Bernard Boston ... Capt. Raymond Daladier
Vikki Richards ... Cleone
David Prowse ... Jonathan Walker
Bloke Modisane ... Bottoms
Anthony Sharp ... Lord Clive
Robert Lee ... Informer
Carl Corbin ... Stalwart
Ebbie Clark ... Cart Driver
Sydney A. Harris ... Village Elder
Donna Young ... 1st Running Girl
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Serpent noir
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Serpent noir
Synopsis

La petite île de San Cristobal aux Caraïbes est gouvernée par la très cruelle Lady Susan. Et alors que Sir Charles Walker enquête sur la disparition de son frère, le dernier mari de Lady Susan, les esclaves noirs se révoltent.

Quelques mots sur
Serpent noir





S’éloignant un peu plus de ce qui avait fait sa renommée au début de sa carrière (1), Russ Meyer se confronte, à travers ce film en costume, à une des questions constitutives des États-Unis : l’esclavage.
Passant quasi sous silence l’aspect économique, qui fonde cette forme de domination, il concentre son approche sur l’aspect psychologique et réduit les esclavagistes à de simples sadiques qui n’aiment rien d’autre que de faire souffrir, que de martyrise leur main-d’œuvre. C’est ainsi que nous assistons à des scènes de bastonnade, de flagellation et autre crucifixion(2) tout aussi sanglantes.
Cette approche, finalement apolitique, n’est pas neutre. Elle permet au cinéaste de refermer son film sur une envolée patriotique où il présente les États-Unis comme une terre de liberté (3). Conclusion qui aurait dû être relativisée s’il avait envisagé la question sous un angle économique. L’abolition de l’esclavage, puis des lois anti-ségrégationnistes, n’ont pas suffi à régler la question des minorités et de leurs égalités avec l’américain de "souche".
Par contre, il convient de souligner que Russ Meyer ne sombre pas dans un manichéisme béat. Car si sur l’île de San Cristobal le pouvoir est détenu par une poignée de blancs, avec à leur tête Lady Susan Walker, le quotidien du maintien de l’ordre et la sauvagerie qui l’accompagne, sont assurés par des supplétifs que rien ne distingue des esclaves (4).
Avec « Black Snake », Russ Meyer referme la longue série de films centrés sur l’étude de la violence et d’où sont quasiment absentes les silhouettes féminines aux formes extravagantes. Pour autant, il n’abandonnera pas ce thème qui courra, noyé dans une tonalité plus burlesque, tout au long de ses films à venir. Et s’il ne délaissera pas ce sujet, il ne rompra pas avec ce qui fait son esthétique(5) et son montage : symétrie des premières et dernières minutes, symétrie du chaos, fait de « cuts », aussi violents que ce qui sous-tend la totalité du film, fait d’un parcours désordonné de cette même totalité.
Le film s’ouvre sur un générique constitué de trois parties distinctes qui dure cinq minutes :
Aux images d’une mer calme et bleue succèdent celles de vagues de plus en plus menaçantes.
Les images des esclaves travaillant dans les champs de cannes à sucre se substituent aux plans précédents, et constituent comme un prégénérique inscrivant l’intrigue qui va suivre dans une continuité historique et antérieure
Débute ensuite le générique, à proprement parler, au cours duquel Lady Susan Walker déchire l’image de ses coups de fouet pendant que des scènes du film s’entrechoquent avant de se figer dans des couleurs différentes
Et il se referme, durant trois minutes, sur la même concaténation de scènes alors qu’en surimpression les flammes du bûcher où vient de périr Lady Susan Walker (6) embrasent l’écran.


1- Comme par exemple « The Immoral Mr. Teas » et autres « nudies » burlesques

2- Crucifixion qui s’accompagne d’un cloutage en bonne et due forme

3- Ce moment se situe visuellement hors du film et s’ouvre sur un effet de fenêtre.

4- La révolte des esclaves n’échappe pas au déchaînement de violence.

5- En particulier des plongées et contre plongées

6- Notons qu’au centre du bûcher se dresse une croix et que Lady Susan Walker y est attaché la tête en bas

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