Histoire de famille; de rivalité entre frères; de désamour entre père et fils; de création littéraire refoulée, dissimulée jusqu’au codage; de culpabilité enfouie sous une tristesse qui envahit jusqu’au patronyme; histoire de musique et de reniement; d’aveuglement tyrannique et lumineux jusqu’à la mort. « Tetro » est le Cocktails obtenu à partir de tous ces ingrédients, « frappé » et émulsionné dans le shaker temps. « Tetro » est cette boisson amère que l’on boit quand on tente de refouler un passé qui ne peut que se conjuguer au présent. Mais « Tetro » est aussi un film en noir et blanc, à la lumière stridente qui brûle les insectes, et que balafrent des éclairs baroques de couleur.
Angelo a fuit sa famille pour se réfugier à Buenos Aires, dans un présent sans relief que la simplification à l’extrême rend lisible en permanence. Entre Miranda, qu’il a connu dans un hôpital psychiatrique, et son ami José, propriétaire d’un bar et entrepreneur de spectacle, il se consacre aux éclairages d’un monde en nuances de gris. Et c’est dans cet univers au passé en point de fuite mentale que débarque la personnification de l’histoire familiale illisible ailleurs que dans un miroir.
« La photographie, c’est la vérité et le cinéma c’est 24 fois la vérité par seconde », Jean-Luc Godard.
La vérité lorsqu’elle est sous le contrôle du dénie, refoulée au fin fond d’une histoire aussi intime qu’éparse, ne peut se montrer qu’au travers de photographies épurées de toute complexité, de tout accident visuel, soustraite de toute couleur. A l’inverse, les résurgences mentales d’un passé dramatique et fondateur de l’instant, ne peut être qu’obscur et confus, comme le sont les souvenirs fulgurants, que ne contient aucun barrage amnésique.
L’histoire du cinéma va du muet au parlant et dans un mouvement, combiné et inégal, du noir et blanc à la couleur, en un mot du simple au complexe…
La couleur, fut-elle métallique, indique le présent. Le passé se décline en images décolorisées. Francis Ford Coppola construit une esthétique filmique fondée sur l’inversion de la complexité. Pour lui, le passé ne peut être que couleur car insaisissable et immuable, par définition insoluble. |
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