Eriksson Michael J. Fox || Meserve Sean Penn || Clark Don Harvey || Hatcher John C. Reilly || Diaz John Leguizamo || Oahn Thuy Thu Le || le lieutenant Reilly Ving Rhames || le capitaine Hill Dale Dye || Chaplain Kirk Sam Robards || Cherry Darren Burrows || l'agent n°1 Steve Larson || l'agent n°2 John Linton || le procureur Vyto Ruginis || le président de la Cour martiale Sherman Howard || le lieutenant Kramer Holt McCallany || la fille dans le train (voix) Amy Irving (non crédité) || Rowan Jack Gwaltney || Brown Erik King || Hawthorne Dan Martin || Wilkins Al Shannon || MacIntire Wendell Pierce || MP John Marshall Jones |
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Synopsis |
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La guerre du Viêt Nam fait rage et les morts s’accumulent. L’escouade du sergent Meserve après avoir essuyé une embuscade et aussitôt renvoyé en mission. Meserve décide de s’accorder quelques compensations. Il enlève et emmène avec le groupe une jeune villageoise, Oahn… Tous violent la jeune fille sauf Eriksson qui par la suite tente de faire évader la jeune vietnamienne. Malheureusement, ils sont repris par Meserve qui décide de tuer Oahn. Eriksson si oppose et Diaz, un autre homme du groupe, crée une diversion en tirant en l’air. Alertés par l’explosion les Viêtcongs répliquent : dans la confusion Oahn est tué… Eriksson n’aura de cesse que de dénoncer ces crimes… au risque de le payer de sa vie. |
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De la morale |
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En 1969 le correspondant de guerre du « New Yorker », Daniel Lang, publie le témoignage d’un ancien soldat ayant combattu au Vietnam. Les hommes de son unité avaient enlevé une jeune paysanne afin de satisfaire leurs appétits sexuels. La jeune femme avait été ensuite tuée. A la fin des années 70 un autre vétéran du Vietnam David Rabe, avait écrit un roman, « Casualties of War », inspiré de ce témoignage. C’est cette histoire -vraie- que Brian de Palma adapte avec ce film. Loin des films spectaculaires et hollywoodiens, il réalise un film en rupture avec ses obsessions passées et à venir. Ici point d’écrans de contrôle, de caméras ou de micros. L’image est brute, indiscutable et aussi réelle que les faits. L’esthétique n’est pas au service d’une interrogation sur les rapports entre présentation et représentation. Mais pour autant le cinéaste, fidèle à sa morale politique, reprend, tout en le plaçant sur un autre terrain, l’interrogation, qu’il avait déjà développée dans « Blow Ou »t : Un individu peut-il combattre le système? Mais à la l’opposé de « Blow Out », où la réponse était non, il semble opter ici pour une réponse plus optimiste. En effet, le héros d’Outrages parvient à ses fins et ceci malgré ou contre les intimidations de ses compagnons de patrouille ou les avertissements de sa hiérarchie : « Ça s’est passé comme ça parce que c’est ainsi que vont les choses. Pourquoi vouloir essayer de combattre le système » lui dit un lieutenant. Il y a fort à parier que la fin heureuse, sur laquelle se conclut ce film, ne soit que l’expression de la volonté des studios. Mais qu’importe, tant le cœur du film, sorte de flashback rédempteur, est réaliste et décapant. Avec ce film, Brian de Palma met au service de ses personnages et de l’affrontement moral qui oppose Eriksson à Meserve -et plus généralement Eriksson à la patrouille- la force de son esthétique. Chaque image, chaque plan, chaque séquence, chaque mouvement de camera, n’a pour but et pour effet que de souligner cet antagonisme. Pour Eriksson, une arme ne sera jamais un sexe -et réciproquement. Meserve se complaît dans ce décor de guerre qui lui donne tous les droits et en particulier celui de jouir comme bon lui semble; Eriksson cherche à comprendre ce qu’il fait au milieu de ce monde en folie, de cette planète sauvage. Mais la question morale ne se résume pas seulement à l’affrontement entre deux hommes, elle est aussi au cœur de l’un d’eux. Lorsque Meserve décide de violer la jeune vietnamienne, Erikson tente de l’en empêcher, il espère que le soldat Diaz va se rallier à sa position. Mais celui-ci se dérobe. Erikson est seul contre tous : il accepte d’aller monter la garde. A ce moment du film Erikson n’a pas choisi son camp, il peut encore basculer et se rallier aux valeurs de Meserve. Ce n’est que lorsque la jeune femme est tuée qu’il fait son choix : seul contre tous, au nom des valeurs d’humanité. Mais il lui faudra attendre des années pour qu’une jeune Vietnamienne, croisée par hasard dans un autobus, lui pardonne… |