| Production: Michael Balcon, Gainsborough, 1927 - G.B. Réalisation: Alfred Hitchcock. Scénario: Eliot Stannard, d'après la pièce de Ivor Novello et Constance Collier, sous le pseudonyme de David Lestrange. Directeur de la photographie: Claude McDonnell. Montage: Ivor Montagu. Studios: Islington. Distribution: Wardour & F., 1928, 6 500 pieds; Etats-Unis, World Wide Dist., 1928. Interprétation: Ivor Novello (Roddy Berwick), Ben Webster (docteur Dowson), Robin Irvine (Tim Wakely), Sybil Rhoda (Sybil Wakely), Lillian Braithwaite (lady Berwick) et Hannah Jones, Violet Farebrother, Isabel jeans, Norman McKinnel, Jerrold Robertshaw, Annette Benson, lait Hunter, Barbara Gott, Alfred Goddard. |
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Synopsis |
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| Un pacte d’amitié unit Roddy Berwick et Tim Wakeley, deux camarades de collège. Ils répondent à l’invitation d’une jeune vendeuse, Mabel. Au cours de la soirée, Roddy repousse les avances de Mabel, par contre Tim se laisse entraîner par la jeune femme. Quelque temps plus tard, alors qu’au collège l’avenir semble sourire aux deux garçons, ils sont convoqués dans le bureau du proviseur. Mabel accuse Roddy d’avoir abusé d’elle. Roddy Berwick décide de couvrir son camarade et endosse la responsabilité. Il est aussitôt renvoyé de l’école, puis de chez lui. Alors commence, pour Roddy, un long périple, une descente aux enfers. Il rencontre une jeune actrice, qui n’est pas insensible à l’héritage qu’il vient de toucher, et se marie avec elle. Mais la femme est volage et cupide : elle n’a pas rompu avec son ancien amant et l’appartement qu’il a acheté est au nom de son épouse. Ruiné, Roddy quitte ce qu’il croyait être le domicile conjugal et échoue à Paris où il devient gigolo… Mais cet emploi le répugne et c’est à Marseille qu’il débarque dans l’espoir d’embarquer pour les colonies. Il sombre dans la misère et le delirium. Finalement une bande de marins l’emmène avec eux sur un navire en partance pour l’Angleterre.Quelque temps plus tard, alors qu’au collège l’avenir semble sourire aux deux garçons, ils sont convoqués dans le bureau du proviseur. Mabel accuse Roddy d’avoir abusé d’elle. Roddy Berwick décide de couvrir son camarade et endosse la responsabilité. Il est aussitôt renvoyé de l’école, puis de chez lui. Alors commence, pour Roddy, un long périple qui le conduira jusqu’au bas fond marseillais avant de le ramener chez lui. |
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De la transition |
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| Découpé en trois moments distincts, aussi bien du point de vue narratif que filmique, Downhill conte l’itinéraire, tant moral que géographique, d’un enfant de la bourgeoisie londonienne. Londres est le monde de la jeunesse, le temps de l’insouciance et de l’espoir. L’époque où l’avenir appartient à Roddy, où le futur est devant lui. Et la caméra traite cette période au travers de travellings avant horizontaux. Puis viennent les années parisiennes, moments de stagnations, sans passé, sans futur où les faux semblants tiennent lieu de réalité. Des plans larges et neutres traduisent cet état. Pour finir, le décor change, Paris cède la place à Marseille. Et à la stagnation succède la déchéance, le temps des illusions perdues. La caméra multiplie les travellings verticaux (de haut en bas). Londres, Paris, Marseille : trois lieux géographiques, trois instants du destin de Roddy. Entre chacune de ces époques s’intercalent les plans transitoires, véritables joyaux cinématographiques. Roddy est chassé du collège. Il enfile un long couloir aux ogives gigantesques et, écrasé aussi bien moralement par son renvoi que visuellement par l’architecture, il s’avance vers la caméra qui demeure fixe et froide. Puis ses bagages faits, il entame la descente de l’escalier du collège, pendant que son ami Tim remonte les marches. Un peu plus tard ce sont les marches du métro qu’il descendra sous l’œil immobile de la caméra … Roddy est devenu danseur mondain pour femmes âgées. C’est l’époque des apparences, jusqu’à ce que quelqu’un n’ouvre une fenêtre du dancing, jusqu’à ce que le soleil n’entre dans la salle de danse et ne dissipe les faux semblants. Roody franchit la porte monumentale de la boîte de nuit, écrasé moralement par sa déchéance et visuellement par les dimensions de la porte. Londres, Paris, Marseille, cette dégringolade géographique, qui se veut l’écho réel de la déchéance de Ruddy, semble suivre une ligne droite qui conduit le héros du Nord au Sud, du haut au bas. Pourtant il n’en est rien. En guise de ligne droite c’est une ébauche de spirale qui structure le film. Que l’on se souvienne de la scène où Mabel entraîne Ruddy derrière le rideau. Hitchcock reprend exactement les mêmes images lors du baiser entre Mabel et Tim… Comme si le film passait en boucle… Que l’on se souvienne aussi de la scène où Julia découvre Ruddy dans l’encadrement de la porte de sa loge : caméra subjective, qui nous présente Ruddy la tête en bas, et qu’un mouvement circulaire remet sur les pieds. Mais cette spirale n’est pas seulement anecdotique, elle est la forme qu’adopte le destin de Ruddy. Renvoyé du collège, il rentre chez lui et se réfugie dans un fauteuil. De retour de Marseille, il rentre chez lui et se réfugie dans le même fauteuil. L’extrémité devient l’origine, l’origine est semblable à l’extrémité, comme si le parcours n’avait été qu’une illusion. |
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Du réel |
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| « A cette époque-là, dans les films, les rêves étaient toujours des fondus et l'image était toujours floue. Bien que ce fût difficile, je me suis efforcé d'intégrer le rêve à la réalité, et d'une manière solide » Alfred Hitchcock Ruddy est embarqué sur un navire en partance vers Londres. Non pas par bonté d’âme de la part de la bande de marins qui l’a recueilli à Marseille, mais parce que ces marins espèrent en tirer quelques profits. Il se redresse sur la couchette où il est déposé et fixe le dos d’un matelot. Celui-ci se retourne, c’est son père. Un peu plus tard, il s’éveille de nouveau et découvre autour de la table de la cabine les femmes qui ont causé sa perte. Elles rient, tout en se partageant un paquet d’argent, car tel est la cause de la déchéance de Ruddy : la cupidité des êtres qui l’entourent. Mabel l’a accusé de viol non pas par méchanceté ou par dépit amoureux, mais dans l’espoir d’en retirer quelques profits. Et si Julia l'a épousé, c’est parce qu’il venait d’hériter. Le traitement du rêve va bien au-delà de sa simple intégration dans la réalité. Il s’agit du moment de vérité, de l’instant de réalité. De ce point de vue, les plans qui représentent Ruddy arrivant à Londres sont éloquents. Ruddy regarde par le hublot du navire et découvre les quais de la ville, une silhouette de policier s’avance et devient floue. Celui-ci se tourne vers le navire, le visage devient net : c’est celui de son père. Puis il redevient flou. Ruddy ne perçoit pas la réalité, seul le rêve est limpide pour lui. |
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