| Production: Alfred Hitchcock, Paramount, 1955. Réalisation: Alfred Hitchcock. Scénario: John Michael Hayes, d'après le roman de John Trevor Story. Directeur de la photographie: Robert Burks, A.S.C. Effets spéciaux: John P. Fulton. Couleur: Technicolor. Conseiller: Richard Mueller. Décors: Hal Pereira, John Goodman, Sam Comer et Emile Kuri. Musique: Bernard Herrmann. Chant: Flaggin'the train to Tuscaloosa. Lyrics : Mack David. Musique: Raymond Scott. Montage: Alma Macrorie. Costumes: Edith Head. Studios: Paramount, et en Nouvelle-Angleterre. Distribution: Paramount, 1956, 99 minutes. Interprétation: Edmund Gwenn (capitaine Albert Wiles), John Forsythe (Sam Marlove, le peintre), Shirley MacLaine (Jennifer, femme de Harry), Mildred Natwick (Miss Gravely), Jerry Mathers (Tony, le fils de Harry), Mildred Dunnock (Mrs. Wiggs), Royal Dano (Alfred Wiggs), et Parker Fennelly, Barry Macollum, Dwight Marfield, Leshe Wolff, Philip Truex, Ernest Curt Bach. |
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Synopsis |
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| Arnie, armé d'un fusil en plastique, joue à la guerre dans un sous-bois du Vermont. Au détour d'un tronc d'arbre, il découvre le cadavre d'un homme. Apeuré, il court prévenir sa mère. Dans le même sous-bois, le capitaine Wiles chasse. Lorsqu'il tombe sur le cadavre, il pense l'avoir atteint par inadvertance. Que peut-il faire sinon faire disparaître le corps ? Malheureusement, Miss Gravely le surprend... Et l'invite à boire le thé. Wiles est une nouvelle fois interrompu par l'arrivée du petit Arnie et de sa mère, Jennifer Rogers. Jennifer Rogers identifie le cadavre : c'est son ancien mari. Finalement, tout le monde pense être le responsable de la mort de Harris et chacun cherche le meilleur endroit pour le faire disparaître. Le cadavre est enterré puis déterré avant de se retrouver à l'endroit exact où Arnie l'avait découvert et où, le lendemain, il le découvre de nouveau. |
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De la résurrection |
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| Les studios n'étaient pas très emballés par ce projet, malgré tout ils acceptèrent de produire ce film auquel Hitchcock tenait beaucoup. Au point qu'il démarra celui-ci aussitôt le précédent terminé. « Le premier (La main au collet) a été terminé à cinq heures trente et le second (Mais qui a tué Harry) a commencé à sept heures trente. » Hitchcock Pourquoi une telle précipitation ? Hitchcock souhaitait tourner en décor naturel et profiter des paysages du début de l'automne du Vermont. Malheureusement la météo en décida autrement. La succession d'orages le contraignit à se replier sur les studios où furent « construits » les sous-bois du Vermont. Au final « Mais qui a tué Harry » fut tourné en studio, ce qui ajoute une note insolite à cette étrange comédie. Les feuilles des arbres changent de couleur, du vert elles passent au jaune et au rouge. Comme tombé d'un arbre, un cadavre jonche le sol que tapissent les feuilles mortes. Mais qui a tué Harry ? Est-ce Arnie d'un coup de fusil en plastique ? Le capitaine Wiles, chasseur maladroit au fusil tenu par une ficelle ? A part que ce soit le coup de bouteille que Jennifer Rogers lui a asséné la veille qui ne l'ait tué… Mais qu'importe qui l'a tué, pourvu qu'il disparaisse ! Ce cadavre, qui apparaît dans l'univers paisible du Vermont, n'est pas un élément perturbateur, le monde ne bascule pas dans un déferlement de folie ou d'angoisse, rien ne change et la journée s'écoule paisiblement. Tout au plus quelques couples se forment Ce cadavre, dont on voit rarement le visage, constitue, en fait, l'élément burlesque du film. Qui a-t-il de drôle dans des répliques comme : « Elle est bien conservée. Et les conserves, c'est fait pour être consommé » « Ne m'embrasse pas trop fort, Sam, j'ai un très petit fusible » Le seul fait qu'elles soient énoncées par-dessus le cadavre de Harry. Qui a-t-il de cocasse à la scène où Miss Gravely et le capitaine Wiles prennent le thé ? Le seul fait que l'invitation ait été lancée par-dessus le cadavre Que dire de cette scène d'intérieur qui nous montre nos quatre personnages en train de faire sécher du linge ? Qu'elle ne présenterait aucun intérêt s'il ne s'agissait pas des vêtements de Harry que le quatuor vient de déterrer de nouveau et de baigner. Enterré-déterré, Harry l'est une multitude de fois sans que jamais le moindre doute moral ne vienne assombrir la conscience des deux couples. Ils tentent de le faire disparaître mais, invariablement, il réapparaît. A ce sujet, certains critiques ont parlé de résurrection et ont vu dans le tableau que griffonne Sam, alors qu'il a posé ses crayons sur le corps, le visage du Christ peint par Georges Rouault. Il est vrai que la ressemblance est frappante et ne peut être le fruit du hasard. Pourtant bien plus que l'image du Christ ce cadavre est assimilé à un objet que l'on se passe et repasse, une sorte de MacGuffin qui justifie toute l'histoire, qui permet la mise en mouvement de quatre personnages qui se situent au-delà du bien et du mal, personnages typiques de cet humour que l'on dit Britannique et que l'on nomme « understatement ». |
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De l'understatement |
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| Ce film, très atypique dans la carrière du cinéaste, ne connu qu'un succès mitigé aux États-Unis, il est vrai que la production n'a pas su qu'en faire, par contre il fut littéralement plébiscité par le public Parisien Il sortit à Paris dans une unique petite salle des Champs-Élysées et ne devait rester à l'affiche qu'une semaine ou deux. Il fit salle comble durant plus de 6 mois. A croire que le public parisien était sensible à l'understatement, à cet humour macabre strictement anglais et qu' Hitchcock défini par ces mots « C'est la sous-évaluation, la sous-déclaration, la sous-estimation (…) c'est la présentation sur un ton léger d'événements très dramatiques » Alfred Hitchcock Ou peut-être rejoignit-il l'avis de Jacques Rivette qui disait en parlant de ce film : « Le plus curieux de ce film est qu'il est impossible de trancher si les personnages en sont ou non « bons » ou « mauvais » ; mais peut-être sont-ils au-delà d'une telle distinction ? » A part qu'il n'ait été charmé par l'étrange couple qu'y forment la mort et le sexe et dont on ne voit pour l'une que les pieds et pour l'autre que des baisés… |
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