Ce coup-ci, c’est une navette spatiale américaine qui a disparu.
007 la retrouvera, avec l’aide de la charmante docteur Holly Goodhead, entre les mains du mégalomane, à tendances nazies, Sir Hugo Drax, dont l’homme de main est une vielle connaissance de 2 mètre dix-huit répondant au nom de Requin… mais chez le squale tout n’est pas mauvais ! |
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En 1977 sur les écrans de la planète terre débarquaient les forces de l’Empire.
Bond, James Bond, ne pouvait pas demeurer indifférent au colossal succès du premier épisode de la saga « Star Wars », aussi dans une précipitation des plus débridée, il fut décidé de catapulter l’espion de sa Gracieuse Majesté dans l’espace.
Creusant la veine du gigantisme, ébauché dans le précédent opus, les scénaristes contournent la difficulté face à laquelle ils sont confrontés en substituant, dans le scénario de « L'Espion Qui M'aimait », à des mots d’autres mots. Ainsi, le mot océan devient espace, le mot sous-marin se métamorphose en fusée, quant au reste rien n’est modifié.
Requin retrouve sa place de tueur mutique et cyclopéen, pendant que 007 est précipité hors d’un avion sans le moindre parachute. Mais que l’on se rassure, au cinéma le ridicule ne tue pas et Bond récupérera celui d’un de ses adversaires alors que Requin verra sa chute amortie par la toile d’un cirque !
Si le prégénérique renferme tous les éléments constitutifs de cette quatrième apparition de Roger Moore sous les traits du commander Bond, une image unique, la rencontre de Requin et de l’amour, en résume toute la philosophie : la démesure se conjugue au ridicule.
A la démesure d’une bagarre sur le toit d’un téléphérique répond le ridicule d’une gondole vénitienne se transformant en hydroglisseur ; les plaisanteries égrillardes d’un double 0 7, ayant avalé un cirque, trouvent leur écho dans le gigantisme d’un python réticulé en plastique.
Et si au milieu de cette débauche pharaonique, Michael Lonsdale, alias Hugo Drax, se cantonne dans une gravité cérébrale marmoréenne, ce n’est que pour mieux assener le discours des dialoguistes :
« C'était un rêve.
Maintenant c'est une réalité.
Ici, dans le berceau vierge du paradis, une nouvelle super-race sera créée, une race physiquement parfaite.
Vous avez été sélectionnés pour l'engendrer, tels des dieux.
Votre progéniture retournera sur terre et la façonnera à son image.
Vous avez contribué humblement à bâtir mon empire terrestre.
Vous et votre descendance respecterez la dynastie ultime que j'ai moi-même créée.
Dès leur premier jour sur terre, ils pourront admirer et savoir qu'il y a des lois et des devoirs au paradis. »
Mais à trop vouloir enfler leur film, les producteurs ont aussi conduit le personnage dans une impasse, car quel adversaire opposer à cet espion au dandysme exaspérant de plus dangereusement colossale qu’Hugo Drax ?
Alien ou SuperVixens ? La sage utilisation Corinne Cléry (1) permet d’éliminer l’une des deux options.
1- Elle a joué le rôle d'O dans une adaptation cinématographique d’« Histoire d'O » en 1975 par Just Jaeck. |
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