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Un film de

John Woo

avec

Ben Affleck
Uma Thurman


- 2003 -
2589
Lectures
Depuis
Le mercredi 7 Septembre 2005


 


Hier soir il fallait regarder PAYCHECK, un film de John Woo avec le très très fadasse Ben Affleck, et Uma Thurman qui n’est pas au mieux de sa forme dans ce métrage qui reprend une histoire du génial Philip K DIck.
Visiblement anorexique cette actrice a perdu tout son charme, son étrange charisme qui l’habitait chez d’autres cinéastes (voir les liaisons dangereuses et Kill BIll).

Et oui, encore une nouvelle adaptation de cet auteur américain aux idées les plus délirantes que l’on puisse trouver en matière de voyage dans le temps, perte d’identité, réflexion sur le double, le mensonge organisé et la paranoïa qui en découle.
Blade Runner, Impostor, Total Recall, Screamers pour citer les films les plus réussis.
Jamais un auteur n’a aussi bien fouillé ce paradoxe qui consiste à ne plus savoir qui on est.
La déréalisation imprègne une bonne partie de l’oeuvre de cet immense écrivain dont je recommande la lecture de LAISSE LES LARMES COULER, DIT LE POLICIER en 10/18.
C’est à mon avis un des plus beaux romans américains de littérature générale, même si l’atmosphère de l’histoire emprunte à l’anticipation.
Il faut lire la préface du directeur de collection qui s’excuse d’avoir rejeté pendant 20 ans ce manuscrit, craignant qu’il ne déroute les lecteurs !?
Il faut le lire pour le croire, car cela voudrait-il dire que nous sommes, nous pauvres lecteurs français, assez débiles pour ne pas pouvoir apprécier un tel ouvrage. Ou bien le lecteur lambda de SF est-il complètement fermé à toutes expérimentations ?
J’ai du mal à le croire mais bref, je vous laisse réfléchir la dessus, pour en revenir au film de Woo.

L’histoire est géniale, mais le film est loin d’être passionnant.
Personnellement, je n’ai pas vu où était la patte de John Woo dans ce long métrage qui hésite entre le style racoleur d’un Bruckheimer et celui de Paul Verhoven.
Le problème c’est que ces deux influences ne font pas bon ménage et que le film est inégal. Certaines scènes ne ménagent aucun suspense (en particulier dans le métro très mal montée) et d’autres nous réveillent en sursaut durant quelques minutes (les scènes de gun fight en particulier) mais nous donne l’impression que John Woo se copie lui même (la tourterelle qui s’envole au ralentis dans les dernières minutes du film est une sorte de clin d’oeil mal venu).
Dans un entretien pour Mad Movies, Woo expliquait qu’il avait été inspiré par <> du sieur Alfred Hitchcoch !?
Oui vous avez bien lu.
Pour ma part, en dehors du costume gris (copie de celui que portait Grant Gary dans l’oeuvre du maître du suspense) je n’ai pas senti l’influence d’un de mes cinéastes anglais favoris.
Oui la musique essaye péniblement à grands renforts de violons d’imiter les scores de Bernard Herman, mais là encore c’est vulgaire et raté.

Ben Affleck est également le plus grand responsable de ce ratage.
3 expressions de visage (pas plus) lui permettent d’assurer durant tout le film le minimum syndical. Comment peut-on être aussi peu investi dans un rôle qui est à mon avis un régal pour tout comédien qui aime son métier.

Résumons si possible l’histoire :
- En gros, un super crac de l’informatique est grassement payé pour inventer des logiciels géniaux. Pour ne pas être tenté de vendre le même procédé à une société concurrente, il accepte après chaque mission d’avoir une partie de sa mémoire effacée.
En échange, il est richissime.
Un jour, il se réveille et réalise qu’il a lui même vidé son compte (des milliards de dollars) en échange de quelques objets sans valeur enfermés dans une enveloppe !
Notre héros fou de rage ne se souvenant de rien, décide de comprendre ce qui l’a amené à se ruiner. Il examine alors chaque objet afin de retrouver le sens réel de son geste.
C’est là l’idée géniale !
Une enquête sur soi-même. On ne peut faire plus passionnant dédoublement de la personnalité. Je est un autre comme disait, je ne sais plus qui...

Le simple fait que le héros doive reconstituer avec quelques objets une sorte de puzzle narratif qui le mènerait vers la vérité, aurait du être la source d’un des meilleurs films de Sf des années 2000.
Dick savait trouver des trames narratives extraordinaires qui empruntaient au conte (ici une variation sur le petit poucet) et les transposer dans un univers futuriste.

Qu’en reste-t-il lorsque Woo et Affleck s’en mêlent ?
Pas grand chose.
Des scènes de dialogues longues et ennuyeuses, des poursuites prévisibles, des combats aseptisés, des images froides mais léchées qui semblent parfois sortir d’un série B et un montage lamentable alternant ralentis inutiles et cadrages frimeurs indignes de ce cinéaste.

Quant aux second rôles Woo n’est pas Paul Verhoven qui lui sait extraire de chaque personnage secondaire une forte identité, un potentiel dramatique.
Souvenez vous de l’excellent Michael Ironside dans Total Recall qui volait la vedette à Arnold dans la moindre de ses apparitions.

Bref, ma déception fut la plus totale, et je crois que le mieux à faire est tout simplement de lire au plus vite la nouvelle de Dick pour en apprécier toute l’intelligence.
Porte-t-elle le même titre que le film ? Je vais faire une recherche.

J’attendais avec impatience de voir ce film, l’ayant loupé lors de sa sortie en salle.
Je ne vous cache pas ma déception, et la deuxième lecture que j’en ferai c’est celle d’un cinéaste qui comme le héros a perdu la mémoire de ce qui faisait la force de son style, vendu à des hommes en gris des studios de Hollywood.
C’est peut-être là que réside le sens caché du film et son seul intéret ?

A +



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