Jean-Claude Claeys

Amicale polémique au sujet de Mickey Spillane

Par l a

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Le samedi 9 Octobre 2005

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Il serait plus que temps de réhabiliter Mickey Spillane trop longtemps mal-aimé, parce que mal compris… mal lu.
Dans cette tâche des plus ardues, Augustin Riera a décidé d’enfiler la robe de l’avocat.
Mickey Spillane serait le mal-aimé de la littérature policière américaine parce qu’il se complairait dans la « violence et la pornographie élémentaire ».
Faux ! s’exclame l’avocat, il s’agit d’un malentendu. En fait, Mickey Spillane met en scène des héros «turbulents… Mike Hammer n’est pas quelqu’un qui aime tuer, il doit tuer, il est forcé de le faire pour se défendre, pour défendre la loi, la justice, pour défendre l’opprimé». Quant à la pornographie, «nous sommes très loin de la pornographie complaisante que nous trouvons dans les romans contemporains… les héros de Mickey Spillane ne sont pas des obsédés» (ouf !)
Violence et pornographie… Qu’ont donc d’infamants ces deux mots ? Ne sont-ils pas la substantifique moelle de ce genre littéraire ? Peut-on citer un roman policier d’où serait absente la violence, un polar que ne traverserait pas le frison de la pornographie ? (fut-ce sous sa forme noble : l’érotisme ; fut-ce terré derrière des désirs troubles et diffus ; fut-ce « à l’heure où les grands fauves vont boire et les scientifiques tombent amoureux »(in Twist tropique F.Mizio).
En la matière et dans le style qui est le sien, Mickey Spillane ne déroge pas aux lois du genre : meurtres et passions…
Alors pourquoi tant de fracas autour de Mickey Spillane ?
Parce qu’il n’est qu’un vulgaire « fasciste, anti-féministe » ( mais faut-il le préciser ? L’un va t-il sans l’autre ?)
Non Mickey Spillane n’est pas un fasciste ! C’est à tort qu’on l’accuse ! s’écrie Augustin Riera
Mais qui l’accuse ? Les jaloux, les envieux ? Peut-être, mais pas seulement… Les lecteurs, les mauvais lecteurs, tous ceux qui n’ont pas su percer sa véritable personnalité, qui n’ont pas su voir qu’il était «le dernier des romantiques, un humaniste éclairé, un génie plein d’humilité, un pamphlétaire timide, un nostalgique d’un monde idéal parfait»
Fichtre ! La contre-attaque ne manque pas de panache, mais existe-t-il des preuves de ce que vous avancez, Monsieur l’avocat ?
Des preuves ?… Ce n’est pas ce qui manque ! «On a souvent traité Mickey Spillane de fasciste, ce qui est ridicule une fois qu’on est familiarisé avec son œuvre. On peut être contre ses idées, mais il ne faut pas l’accuser de ce qu’il n’est pas. C’est un patriote américain, qui aime son pays et qui, c’est vrai, déteste les rouges… Mickey Spillane n’est pas de gauche, c’est vrai. Pourtant quelle tendresse, quelle affection quand il parle des gens malheureux, des déshérités, des laissés pour compte»
Mickey Spillane ne serait pas un fasciste parce qu’il aime les « gens malheureux, déshérité, laissés pour compte » ? Ainsi donc serait fasciste toute personne qui haïrait les ces gens susdits ?
Que voilà une étrange vision du fascisme !
Mais au fait qu’est-ce que le fascisme ?
«Je suis fasciste(…)Je crois dans la bienheureuse inégalité des hommes(…) Je crois dans les êtres supérieurs, dans l’inégalité congénitale, dans la domination de l’élite sur la majorité, qu’on ne peut comparer le bulletin de vote d’un imbécile avec celui d’un professeur d’université» (in Le quintette de Buenos Aires M.V Montalban)
Cette pensée politique se fonde sur la croyance qu’il existerait, par nature, une hiérarchie dans le genre humain, en d’autres termes qu’il existe une place pour chaque chose et une chose pour chaque place, à charge au « chef » de distribuer les places et les choses…
Les femmes étant inférieures aux hommes, il est naturel que B. Megret soit maire de Vitrol, mais les Français étant supérieurs aux immigrés, il est naturel que sa femme le remplace !
Et l’amour des gens n’a rien à voir dans cette affaire !
Tous les chefs fascistes aiment les «gens malheureux, déshérités, laissés pour compte» pourvu qu’ils soient de leur nationalité, de leur race de leur religion et caetera.
Lorsqu’une famille juive était déportée c’était une famille d’allemands mal logés qui s’installait dans l’appartement libéré…
Le fascisme ne s’intéresse qu’aux races, qu’aux nationalités et s’adresse prioritairement aux «gens malheureux, déshérités, laissés pour compte». Leurs conditions de vie les poussent à prêter une oreille à des thèses du genre : « trois millions de chômeurs = trois millions d’immigrés » voire même à prêter leur bras et à constituer les bataillons de ces mouvements.
Non, Monsieur Augustin Riera, votre défense de Mickey Spillane n’est pas convaincante ! Alors qui est ce Mickey Spillane ?
Un raciste ?
«Et ,voilà brusquement que ce petit salaud (roi de Selachin) descend de son âne pour s'exhibe partout en Cadillac (in Un tigre dans votre manche)»
Un défenseur de l’impérialisme américain ?
«Si vous croyez que nous allons nous conformer aux lois de l'Arabie Saoudite, un pays où on vous tranche la main pour un pain volé, vous déraillez complètement. Qu'ils essaient ce genre de truc avec Teddy, et un de leurs gros bonnets aura le plaisir suprême de se voir offrir ses propres testicules en brochette. Pour qui se prennent-ils, nom de nom ? Sacré bon sang, nous avons obtenu ce que nous voulions parce que nous l'avons pris à ceux qui n'étaient pas capables de le garder, et ça n'a pas été sans mal (in Un tigre dans votre manche)»
Un apologiste de la torture ?
«Un jour, j'ai écorché un type tout vif, et il m'a confié ses secrets à tue-tête sans plus se faire prier. Oui, bien sûr, il en est mort, mais sa mort était la même que celle qu'il avait donnée à d'autres, et nous les avons eus, nos renseignements (in Un tigre dans votre manche)»
Un zélateur du libéralisme ?
«Nous sommes des gens qui désapprouvons les impôts abusifs qui découragent les forces intellectuelles de la nation et qui mettent des abrutis aux leviers de commande (in Un tigre dans votre manche)»
Un homme de droite ? oui ! Mais bien plus encore !
«Disons, si vous voulez, que nous appartenons à la droite, que nous sommes tellement à droite même que nous risquons de passer à travers le mur… (in Un tigre dans votre manche)»
A travers le mur ? Mais qui a-t-il donc derrière ce mur ? Le fascisme ?

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