Jean-Claude Claeys

« CRIMINELS DE FICTION »

Par Claude LE NOCHER

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Le mercredi 13 Juin 2007

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L’assassin n’est pas toujours le personnage principal d’un roman noir ou criminel. Mais sa personnalité et ses motivations influent sur les faits relatés, sur l’affaire en cours. Quelle est l’approche des romanciers par rapport à l’assassin ? Soit ils essaient d’être réalistes, soit ils privilégient une forme de jeu avec le lecteur, ou encore n’en font nullement une priorité dans leurs récits.
En exclusivité pour RayonPolar.com, 17 auteurs ont accepté de répondre (en toute liberté) à la question suivante :
« Qu’il s’agisse de la planification par un meurtrier avec préméditation, de la folie ou de la cruauté d’un tueur en série, de l’esprit de vengeance d’un assassin rancunier, les motivations des criminels de romans ressemblent-elles vraiment à la réalité, ou en sont-elles logiquement éloignées ? » Voici leur contribution sur ce thème…


DOMINIQUE SYLVAIN


A mon avis, ces motivations ont plutôt intérêt à être logiques et vraisemblables. Et ça concerne tous les personnages et pas seulement les meurtriers. Il m’est arrivé de partir sur une histoire avec une grosse envie de feu d’artifice. Je me construisais mon petit opéra noir dans ma tête, avec l’intention de mettre les personnages au service de cette idée : il fallait que leurs motivations collent à mon projet pour obtenir l’effet escompté. Je les traitais comme des objets parfois, au lieu de les voir comme des êtres de chair et de sang, avec leurs propres désirs, leurs peurs, et surtout leur fonctionnement spécifique dans un écosystème économique. Aujourd’hui, j’ai changé de méthode. J’ai fini par comprendre qu’injecter du réel dans une histoire est un passage obligé, sinon on risque de déraper dans l’artifice, et d’écrire des histoires rocambolesques. J’ai compris qu’en veillant à toujours donner de vraies motivations aux personnages, on débouche sur des histoires intéressantes et touchantes aussi. C’est dans cet esprit que j’ai réécrit « Baka ! », mon premier roman qui était épuisé. J’ai revu toute l’histoire en donnant de vraies motivations à tous les personnages, même aux secondaires. Et cette deuxième version est à mon avis nettement meilleure que la première. Bien sûr, je recherche toujours le feu d’artifice et la jubilation, mais ça passe désormais par le travail sur le style, les inventions langagières, et l’angle d’attaque des scènes. Pour ce qui est des personnages, je me suis mise à les respecter, et à essayer de comprendre encore mieux leur vie. Même si je ne révèle pas tout, j’ai glané suffisamment d’informations pour les rendre plus denses. Par exemple, je dois savoir où ils vivent, visualiser leur rue, leur appartement, connaître une partie de leurs goûts, leurs moyens financiers, leurs amis, etc. Evidemment pour un meurtrier en série ou pour n’importe quel psychopathe, c’est plus délicat. Mais c’est jouable. Il faut se glisser un peu dans sa peau. Quelquefois, ça fatigue mais ça vaut la peine. Ce qui est difficile, c’est la cruauté. Il s’agit d’être plausible mais pas gore pour autant. Un détail suffit quelquefois, mais il faut réussir à le trouver. Il faut du temps, et de l’intuition. De la documentation aussi, mais pas seulement. Et il faut faire très attention parce que notre vécu est largement imbibé par la fiction visuelle, notamment celle des films et des séries policières. Il y a un panthéon grouillant de criminels sous nos crânes. Ils peuvent nous aider mais il faut savoir s’en dégager, trouver l’alchimie.
Derniers ouvrages parus : « L’Absence de l’ogre », Editions Viviane Hamy, mai 2007 – « Baka ! », Editions Viviane Hamy, mai 2007 (réédition du roman de 1995, dans une nouvelle version).

VIVIANE JANOUIN-BENANTI


Les auteurs de policiers foisonnent d’idées, mais la cruauté de leur héros atteint-elle celle des vrais criminels ? La question est difficile, elle revient à poser celle-ci : un être normal, au fond un honnête homme, même s’il possède un immense talent, est-il en mesure de concevoir la planification d’un assassin, les motivations d’un tueur en série, en clair les mobiles criminels ?...
Le véritable assassin a cette supériorité sur l’écrivain, c’est qu’il ne se triture pas les méninges pour commettre son ou ses crimes. Dans la très grande majorité des cas, ses idées meurtrières lui viennent tout naturellement. Et la nature, sur ce plan-là, est hélas très bien pourvue. Le tueur possède du talent dans le mal…
Dans le roman policier, le criminel est souvent trop rationnel, même dans la folie. Or, quand je me plonge dans un dossier d’assises, même si j’éprouve assez rarement de la sympathie pour les crimes des assassins dont je raconte la vie dans mes romans, je vais au fond de leur esprit et découvre des facettes et des comportements que je n’aurais jamais pu imaginer.
Si je cherche à comprendre, à donner aux lecteurs toutes les clés, personnellement, mes sentiments restent en retrait de ces êtres par trop dangereux. Je n’adhère pas au machiavélisme d’Henri Pranzini dans mon « Chéri Magnifique », pas plus qu’à l’obsession de Louise Lemasson dans mon « Crime de l’Ascension ». Quand je dépeins François Dicondale, dans « l’Enfant assassin », certes je me sens proche de lui, mais je ne l’approuve pas. Les crimes de Sabourin, dans « le Meurtrier du mois d’août », sont effrayants, quand on l’arrête, je regrette qu’il n’ait pas eu une autre vie, mais sa fin me paraît normale. La patience de Gabrielle Benzac dans le crime, dans « l’Empoisonneuse à la digitaline », me donne le frisson, mais sa mort ne me peine pas.
Oui, il y a une différence entre la réalité et la fiction, même si pour rendre la réalité, il faut aussi de la fiction.
Dernier livre : « L’empoisonneuse à la digitaline », éditions Cheminements.

LAURENCE BIBERFELD


Les motivations d’un criminel de roman ressemblent à peu près autant à celles d’un assassin réel que celles d’un romancier à celles d’un sociologue ou d’un psychanalyste : elles peuvent être vaguement apparentées. Ce qu’on appelle réalisme ne consiste pas à rendre compte de la réalité, mais à accepter de prendre comme matériau et objet de fiction des réalités considérées comme triviales ou inesthétiques.
À part les écrivains qui font leur beurre avec les serial killers ou les tueurs à gages, il me semble qu’ils sont assez peu nombreux à faire du meurtre ou du meurtrier leur sujet de prédilection, ce qui expliquerait qu’ils s’intéressent assez peu à la réalité du crime. Dans la vie, les meurtres ou les crimes se signalent à peu près tous comme des défaites, et sont le fait de personnes en friche, ou bousillées, ou débiles, ou cinglées, ou en dégringolade intime et insensibilisées. Heureusement, les criminels sont rarement le sujet principal des polars.
Les romanciers d’énigmes, pour des raisons de loyauté, sont plus ou moins obligés de tirer du néant des assassins virtuoses, machiavéliques, qui vont donner à tout le monde, enquêteurs et lecteurs, du fil à retordre. Les auteurs de thrillers et d’angoisses les aiment tout aussi retors et ingénieux, mais affligés en prime d’un sadisme extrême, combinaison rarissime dans le réel. Comme en témoigne le bouquin de Luz “Le tour de France du crime”, reportage dessiné dans dix-huit cours d’assises, les “actes de torture et de barbarie” sont perpétrés par des crétins, ou des personnes dont la vie ressemble à un musée des horreurs, et dont l’intelligence n’a pas trop eu loisir de s’exercer. Mais si les romanciers professaient la moindre fidélité au réel, la plupart des romans n’auraient pas lieu d’être, ou seraient des nouvelles tronquées.
Pour ce qui est des auteurs de noir, les crimes qui les intéressent ne figurent pas forcément dans le code pénal. Même si on ne retient que les crimes “légaux”, l’univers du crime ressemble à un iceberg. Comme l’a analysé et théorisé Braudel, les sociétés sont à trois étages : famille ou clan, local, haut du panier. Les règles du jeu n’existent qu’à l’étage intermédiaire : à l’étage familial, le plus archaïque, elles ne jouent pas, et l’étage supérieur s’en affranchit. Si on applique cette théorie au crime, la famille et la high society sont des espaces d’impunité. La réalité semble souvent corroborer cette thèse. Pour un auteur de noir, titre dont je m’affuble, les mécanismes de l’impunité sont encore bien plus passionnants que ceux de la criminalité, parce qu’ils révèlent l’injustice des hiérarchies humaines. La subversion propre au noir consiste à souligner les caractéristiques grossièrement discriminatoires de la justice. On en voit une divertissante illustration dans la loi récente qui sanctionne d’un prélèvement d’ADN des délits aussi variés que la peinture de tags, l’arrachage d’OGM ou même “la présomption de prise de stupéfiants”, mais exclut explicitement de cette disgrâce tous les délits financiers. La vulnérabilité humaine est un inépuisable sujet de romans, tout comme l’injustice récurrente des sociétés humaines. Ce qui rend le crime intéressant pour un romancier, c’est qu’il permet d’ouvrir un espace arbitraire à d’affreux petits curieux, les lecteurs, qui vont avoir tout loisir de juger, le contraire de ce que fait la justice, en somme, qui elle, condamne.
Laurence Biberfeld est publiée aux Editions Folio et Série Noire : « Le chien de Solferino », « La BA de Cardamone » ;« Evasion rue Quincampoix » (Autrement, Noir Urbain).

SYLVIE ROUCH


Ce qui fait un roman noir réussi, c'est à mon sens l'alchimie entre le réalisme dans lequel est ancrée (trempée ?) la fiction et le talent du romancier, c'est-à-dire sa capacité à donner de la puissance au récit.
Le mobile est l'élément déclencheur de l'histoire : la raison avouée ou inavouée du crime.
La noirceur humaine a de tous temps généré jalousie, vengeance, cruauté, soif de pouvoir et folie. C'est aussi cette part d'ombre en chacun de nous qui depuis toujours a donné force et matière aux oeuvres d'art (je pense, par exemple, au théâtre de Shakespeare).
Le romancier d'aujourd'hui n'a donc plus rien à inventer en matière de mobile, qu'il puise son inspiration dans la sordide réalité d'un fait divers ou dans la tragédie antique.
A moins que son projet ne soit de faire basculer le roman dans un autre genre (tragi-comique, burlesque ou franchement fantastique).
De Sylvie Rouch : « Corps-Mort », éditions Après La lune.

ANNE RAMBACH


Compte tenu de la diversité existant aujourd’hui dans le domaine du roman policier, il me semble que toutes les motivations criminelles ont été décrites ou presque, parfois avec un luxe de précision où se perçoit la consultation minutieuse d’articles de presse ou d’analyses médicales. Les auteurs de romans policiers sont de plus en plus des spécialistes de la psychanalyse, d’autres des réseaux de trafic de drogue, etc. Le genre ayant des représentants sur toute la planète, le champ couvert est quasi universel. Les motivations criminelles étant, il faut bien l’avouer, souvent d’une banalité effrayante (cupidité, jalousie, goût du pouvoir, plaisir pervers, haines diverses), la représentation est à mon avis assez juste.
La distorsion viendrait d’ailleurs. Pas livre par livre, mais dans les masses. Ce que nous écrivons cherche souvent la représentation d’une réalité sombre, cependant nous y projetons nos peurs, nos conceptions.
Je suis frappée, moi qui suis une fidèle lectrice de ce type de littérature, de l’essor du personnage du psychopathe. Ce dernier, incarnation d’un mal absolu, parce que gratuit, est devenu omniprésent. Quelle proportion des crimes sont commis par des psychopathes ? Pour la France, les psychopathes se comptent à quelques unités sur une décennie (heureusement). Au même moment, toutes sortes de meurtres sont commis par des individus au profil bien plus banal.
Je suis frappée également de certaines absences : on suit en ce moment les développements de l’affaire du juge Borrel. Soi-disant suicidé, mais plus probablement assassiné à Djibouti, et alors que de forts soupçons pèsent sur le pouvoir djiboutien, on découvre que l’enquête menée en France a été entravée ou du moins surveillée de près par les autorités françaises (Président y compris, voir site du Nouvel Observateur par exemple) afin de ne pas compromettre les relations franco-djiboutiennes. On voit aujourd’hui très peu de romans policiers français traitant de la Raison d’Etat, ou, par exemple, des liens entre monde politique et monde mafieux.
J’ai adoré « La Patience du Jardinier » de John Le Carré. Pour moi qui ai milité dans la lutte contre le sida, et vu les laboratoires pharmaceutiques à l’œuvre, c’est une histoire qui raconte quelque chose de fondamental : la continuité du mal. Pas le mal absolu incarné par un pervers doté de fantasmes ultra-violents, le mal qui se diffuse jusqu’aux tueurs au sens propre depuis les simples bénéficiaires du crime. Des cadres de laboratoires pharmaceutiques, de simples salariés, des actionnaires, des médecins !, par exemple, qui consentent au crime par intérêt. Par inertie, à mots couverts. C’est un roman qui établit le lien entre l’assassinat crapuleux et les conditions non-éthiques de test de médicaments (et en arrière-fond, la privation de soins de millions de malades pauvres qui mourront de leur maladie alors qu’on aurait pu les sauver en renonçant à certains profits).
Il y a plusieurs manières de classer les romans policiers, mais l’une d’elles distingue deux types de roman policier : ceux qui représentent le crime comme une anomalie que la société combat et ceux qui représentent le crime comme la forme ultime de la violence sociale. Cette dichotomie est valable même dans le domaine du roman policier “psychopathe”. Même si j’apprécie beaucoup de romans de la première catégorie, j’ai une préférence pour la seconde.
– Le nouveau roman d’Anne Rambach : « Bombyx » (Albin Michel) –

MAX OBIONE


Quand l’écrivain de polar construit son mécano romanesque, il met les mains dans le cambouis, ce cambouis en l’occurrence, c’est le réel, c’est son matériau, il n’a qu’à s’y immerger, il n’a qu’à lire la chronique criminelle qui s’expose chaque jour dans la presse. Réel de l’environnement social dans lequel l’action se situe, réel immatériel des pulsions ou motivations criminelles qui sont à l’œuvre dans la transgression du tabou. A partir de cela, il est cependant difficile de généraliser compte tenu de la foultitude de polars qui recèlent une foultitude de figures du crime. S’agissant des motivations, la « ressemblance vraie avec la réalité », on la retrouve dans un grand nombre d’ouvrages qui s’approchent parfois davantage du traité de criminologie bourré de psychologisme, quand ce n’est pas quasiment un cours de médecine légale bien gore de préférence.
La palette des motivations des criminels de roman est vaste, allant du dérèglement psychiatrique à la vengeance, du mirage du fric à l’amour contrarié, du goût de la puissance au sexe fou, etc. On trouve ces ressorts divers du passage à l’acte chez « les criminels de roman » (jolie expression en attendant), dans un grand nombre d’œuvres de fiction (théâtre, cinéma, « blanche »,etc., classiques ou contemporaines) et, en particulier, dans le champ privilégié du polar bien évidemment. Mais, pourrait-on parler de littérature si les motivations des « criminels de romans » ne s’éloignaient pas de la réalité, l’adverbe « logiquement » figurant dans la question me gêne car il n’y a pas de fatalité logique à cet éloignement quand seuls des créateurs - « with the voice » - à l’intérieur du genre s’en viennent à renverser l’exclamation devant l’inconnu, l’impensable ou l’informulé ou l’horreur d’un crime : « la réalité dépasse la fiction » par “la fiction dépasse la réalité ou la fiction crée la réalité”. C’est précisément dans cette part d’éloignement du réel, que le romancier prend la mesure de sa raison d’être de recréer un monde dans lequel, lui-même et les lecteurs approchent, sans risque et en frissonnant, le mystère insondable du mal et de la mort irrémédiable, à travers les codes rassurant d’un genre littéraire qui en fait tout l’attrait.
Max Obione est publié aux Editions Krakoën (« Gaufre royale », « Amin’s blues »…)

ROLAND SADAUNE


Les motivations d’un criminel de roman ressemblent à “une” réalité, elle-même éloignée logiquement de “la” réalité.
D’abord, ces motivations pourraient être réalistes, fantasques ou autre, selon l’esprit débridé ou non du tireur de ficelles, en l’occurrence l’auteur. Mais l’imagination de celui-ci doit demeurer tempérée, de façon à respecter certains impératifs engendrés par la chaîne du livre. Lors de dédicaces, il suffit de se référer aux questions du genre « Ça a existé ? », pour constater que la tendance est à l’ “écrit vrai”. Ce qui nous amène sur le terrain des faits divers journalistiques romancés, débouchant sur des livres hybrides. Dans ce cas, les motivations “sont” la réalité.
Dans l’éventualité de romans purs, l’auteur décide d’emblée de la personnalité de son personnage négatif, à moins qu’il ne le façonne au fil des pages. Motivations impulsives, compulsives, psychiques… Ces motifs colleront de plus ou moins près à la réalité. Pourquoi ? La logique romanesque voudrait qu’elles en soient éloignées, mais l’auteur ne peut faire abstraction complète de ce qu’il sait de cette réalité. En conséquence, il “jongle”avec elle, refoule, pactise, tandis que son subconscient travaille sous cape. Une alchimie résultant d’une partie de yo-yo.
Il y aura autant de variantes de ces ressemblances à la réalité qu’il y aura d’auteurs traitant du même criminel. Sur un fait identique, chacun s’exprimera d’une manière différente. La perception de la réalité passe par le tamis de l’auteur. A lui d’en habiller ses personnages.
En conclusion, le polar étant à mes yeux “un” reflet de la réalité, mes criminels ont des motivations ancrées sur la vie de tous les jours. A cette nuance, qu’elles sont interprétées, voire aseptisées parfois. Pas trop, j’espère !
Pour ma part, après « Auvers d’Oz », polar sur les pas de Vincent Van Gogh, il sortira courant septembre 2007 : « Sacré cœur d’Oz », polar sur ceux de Maurice Utrillo. Je souhaite à nouveau bon courage à l’OPJ Gildas Ozulé, dit Capitaine d’Oz.

BOB GARCIA


Le sujet est bien sûr complexe et nécessiterait à lui seul une vaste étude psychologique (tant des vrais tueurs en série que des motivations des auteurs de polar !). N’étant pas spécialiste de la question, je ne peux parler (très modestement) que de ma propre expérience d’écriture en la matière. J’ai mis en scène un tueur en série dans mon roman « Le Testament de Sherlock Holmes ». Bien que l’intrigue se situe dans la période victorienne, le traitement du sujet est résolument moderne (plus proche du film « Seven », par exemple, que des romans de Doyle). Les meurtres que commet mon tueur ravalent ceux de Jack l’Eventreur au rang de simples égratignures. De nombreux lecteurs ont été choqués par leur violence et leur cruauté. Pourtant, je me suis inspiré de faits réels tirés de meurtres, crimes et tortures célèbres commis au cours de l’Histoire et de faits divers. J’ai ainsi collecté au fil de mes recherches bibliographiques une série de crimes qui dépassent l’imagination. A tel point que je me suis moi-même astreint à ne retenir que ceux qui me semblaient « encore crédibles ». Le tueur en série du « Testament de SH » n’a donc fait qu’imiter des tueurs réels. Sa motivation première est la vengeance. Mais en revanche, les meurtres qu’il commet sont un condensé de plusieurs cas qui n’avaient initialement rien à voir les uns avec les autres.
Je fais le même constat avec d’autres polars. Les motivations des tueurs de « La Chambre des morts » ou de « La Foret des ombres » de Thilliez ne semblent pas si éloignées de celles de certains de nos bons vieux tueurs en série. Les tueurs de Thilliez (et d’autres) sont des sortes de synthèses et de condensés de cas réels. Ajoutez un Dutroux, plus un Fourniret, plus un culturiste nostalgique du nazisme, mélangez le tout et vous obtenez un tueur en série tout ce qu’il y a de pimpant et de moderne. Seules les conditions de l’intrigue et la mise en scène des personnages pourraient parfois les rendre moins crédibles que les vrais.
L’alchimie est parfois trop complexe et la mayonnaise ne prend plus. Trop d’ingrédients peuvent rendre la cuisine indigeste. L’éloignement ou non de la réalité tient alors au talent de l’auteur. Quand les motivations du tueur deviennent floues ou que l’intrigue s’enlise dans les marécages de l’improbable, le lecteur – à qui on ne la fait pas – aura plus de mal à adhérer au fantasme de l’auteur. Le tueur en série d’un roman récent tue ses victimes en apnée car il est lui-même ancien champion d’apnée. On a presque pitié pour lui tant il semble artificiel, aussi bien dans sa façon de tuer que dans ses motivations. Et quand on referme le livre, une seule pensée vient à l’esprit : « Mouais, bof. » Mais après tout, pourquoi pas ? N’a-t-on pas coutume de dire que la réalité dépasse la fiction ? Qui sait si un jour un ancien coureur cycliste non dopé et spolié de son titre ne décidera pas de se venger sur le peloton en le faisant pédaler (sans adjuvant chimique) jusqu’à ce que mort s’en suive ? Qui sait si un ancien candidat évincé du concours de recrutement de la StarAc ne se vengera pas sur les sélectionnés en les obligeant à chanter juste jusqu’à ce que mort s’en suive ?
De façon générale, je constate que les motivations des criminels de romans ressemblent à la réalité. Les auteurs de polar ne sont pas des apprentis sorciers. Leurs tueurs de papier se contentent de copier leurs modèles réels et n’inventent pas grand chose.
Dernier titre paru : « La Ville monstre », éditions du Rocher, mai 2007 (biographie romancée de la ville de Londres, racontée à la façon d’un thriller à travers les pérégrinations d’un couteau)

JEAN-BERNARD POUY


Salut. Le crime m’emmerde et les criminels encore plus. Les flics m’emmerdent et la police encore plus.
Ne m'intéressent plus que des textes où il y a la relation d’avancées sociales, y compris comment réparer un robinet, de façon à ce que le roman participe d’un espoir que l’on ne voit plus beaucoup.
Tout le reste m’est de plus en plus insupportable. Et si jamais il faut, pour des tas de raisons, parler encore de crimes et de flics, c’est la même chose que la nécessité, de temps en temps, de bouffer de l’andouillette…
[Jean-Bernard Pouy dirige la collection « Suite Noire » aux Editions La Branche – où est paru “Le petit bluff de l’alcootest”. Ses romans sont publiés chez de nombreux éditeurs, dont la Série Noire]

JEAN FAILLER


Je m'aperçus un jour que mon voisin de chorale n'était pas un maître chanteur, mais un psychiatre. Je profitais de ce voisinage pour lui demander si telle ou telle perversion, que je projetais d'utiliser pour un prochain roman policier était plausible. Il me répondit qu'en matière de folie, la bête humaine avait des ressources insoupçonnées et que, quoique j'écrive, je resterai probablement en dessous de ce qu'il avait été appelé à voir au cours de sa carrière.
A partir de ce témoignage, on peut donc conclure que oui, les motivations des criminels de papier ont été, sont ou seront en plein dans la réalité. Le romancier n'est donc que le metteur en scène, le conteur de faits qui ont été, sont ou seront avérés. Il m'a cependant été reproché (à deux reprises), d'avoir été l'instigateur de délits, par la précision de certaines descriptions. On ne s'en douterait pas, mais le métier de romancier, chers lecteurs, est un métier à risques !
Jean Failler publie aux Editions du Palémon la série « Mary Lester »

PASCAL MARTIN


L’auteur d’un thriller se retrouve comme devant le clavier d’un piano. Il peut utiliser, selon son goût, les touches noires ou les touches blanches. Le plus souvent, il utilise les deux, une pincée de noirceur par ici, une touche d’humour par là, donnant des pistes (parfois fausses…) pour permettre au lecteur d’appréhender ( à défaut de comprendre et d’approuver) les motivations de l’assassin.
En ce sens l’auteur tente toujours d’habiller son ouvrage aux couleurs de la réalité. Mais l’habit ne fait pas le polar…
Pour ma part, je regrette un peu la tendance actuelle qui consiste à dramatiser la partition au maximum en gommant, parfois complètement, les motivations ( Planification, folie, cruauté, esprit de vengeance que vous évoquez dans votre question) au profit de la seule mise en scène du crime (systématiquement horrible et morbide). La « façon » dont l’assassin tue finit par tenir lieu d’intrigue au détriment du « pourquoi ». Le but du jeu semble de provoquer chez le lecteur un malaise lié au manque de repère, donc, précisément, à l’absence de rapport avec la réalité. Le paradoxe, c’est que cette absence de mise en perspectives s’accompagne presque toujours d’une description « scientiste » du crime ( On a alors l’impression de lire le rapport détaillé d’un médecin légiste) qui est une façon de se raccrocher au réel. On se retrouve face à ce genre de « livre d’horreur » démunis et impuissants, comme face à un film du même type.
Si je ne fuis pas l’horreur et une forme de morbidité dans les crimes, j’aime qu’ils s’accompagnent d’un certain onirisme. (C’est sans doute une façon de fuir mes propres angoisses…) J’aime également que les motivations de l’assassin émergent au fil des pages dans une certaine agitation ( je suis très attaché à l’action ) provoquant ainsi la tension, l’envie de savoir, donc le plaisir…
C’est ce que je me suis efforcé de faire dans mon dernier roman ( « La malédiction de Tévennec », sorti début Juin 2007) où l’assassin ne commet pas des « crimes de sang », mais des « crimes d’eau ». Hou la la, le rapport à la réalité…

JACQUES BULLOT


La question posée revient à celle-ci : un auteur peut-il créer des personnages dont les motivations criminelles serrent de près la réalité ?
Il me semble qu’il va s’en approcher s’il s’intéresse à des meurtriers “hors du temps”, à des personnages qui obéissent à des pulsions “intemporelles” comme la jalousie, le désir de pouvoir, la rancune, la folie, la transgression de l’ordre moral. Leurs motivations n’ont alors rien ou peu à voir avec l’époque dans laquelle ils vivent. De tels meurtriers abondent dans la littérature : Richard III, Thénardier, Raskolnikov pour ne prendre que des exemples célèbres.
Ceci étant, il faut reconnaître que la société est criminogène, constatation banale mais essentielle. Ceci implique que les caractéristiques de la dite société vont influer sur ce que vit, pense, ressent un individu et créer de nouvelles motivations pour passer à l’acte.
La société contemporaine concentre des facteurs inquiétants qui génèrent l’angoisse. Le monde dans lequel nous vivons est surpeuplé, pollué au point de menacer la survie de l’espèce humaine et est dominé sans retenue par les lois du marché. L’individu, écrasé et emprisonné dans un réseau de contraintes, est soumis à des pressions qui aliènent son libre arbitre. C’est cet ensemble mouvant aux connexions aléatoires qui peut sans raison apparente cristalliser en un nœud du réseau ; le criminel trouve soudain une motivation, inconsciente la plupart du temps, pour passer à l’acte. Il ressent le besoin de desserrer l’étau mais, en même temps porte en lui toutes les contradictions et souffre tous les maux.
Est-il possible dans un roman et à travers un personnage d’approcher la complexité des situations et des motivations ? Cela semble difficile car l’auteur est partie prenante, est soumis aux mêmes influences que son personnage, ce dont il n’a pas forcément conscience. Manquant de recul par rapport à la réalité, il va, pour tenter de la cerner, devoir simplifier et donc s’en écarter.
Derniers titres parus : "Du nitrate dans le cassoulet", Ed. E-dite, 2005 – et la nouvelle "Maintien de l'ordre" dans l'ouvrage collectif "La France d'après", Ed. Privé, 2007

ALEX NICOL


Quelles différences distinguent les motivations d’un criminel de papier de celles d’un être de chair, de sang et de carbone ? Je serais tenté de dire : rien.
Les découvertes de la psychologie, et ce depuis papa Freud, décrivent assez précisément aujourd’hui les ressorts qui propulsent un adolescent ou un adulte vers la destruction de son prochain ou la sienne propre. L’histoire des meurtriers est assez riche aujourd’hui pour nous proposer une palette suffisamment étoffée d’assassins en tout genre. La motivation politique, la recherche du pouvoir, a armé le bras de Brutus pour tuer César ; pour les mêmes raisons, plus cyniques et teintées de folie, Néron jouait de la lyre en écoutant les cris des Romains griller dans la ville. Le bon roi Henri, quatrième du nom, tombera sous les coups d’un spadassin. Sa motivation profonde ? Politique ? Religieuse ? Manipulation mentale ? La réponse a disparu avec la mort sous la torture du meurtrier. Est-ce aussi la folie qui poussa Jack l’éventreur à poignarder des prostituées dans les rues de Londres ? Là encore, nous n’avons pas la réponse, simplement le triste bilan d’une série de décès ciblés jamais élucidés. Pourtant, dans ces quelques exemples, on peut toujours retrouver sur la carte de la psychologie humaine les sites qui abritent ces pulsions, qu’elles soient incontrôlées ou longuement organisées.
Qu’en est il alors de l’assassin de papier ? Il prend naissance sous la plume d’un être humain qui va projeter, organiser, structurer (et parfois se laisser dépasser) une tranche de vie dans laquelle des interactions vont pousser un individu à commettre l’irréparable. Dans la vie réelle, nous ne passons pas nécessairement aux actes et allons chercher des contournements possibles. Le travail de l’écrivain consistera alors à façonner un personnage tel qu’il n’a plus le choix. Et sur le papier, la victime non plus n’a pas le choix : elle doit mourir. Mais parce que quelque part, le lecteur se projette dans ces tranches de personnages et ressent la violence qui turlupine l’esprit du tueur ou la douleur de la victime agonisante, il va réaliser par procuration ce que la morale lui interdit.
L’être humain est une machine d’une complexité extrême qui fait de chacun de nous un individu unique. Pourtant nous fonctionnons tous selon les mêmes règles, celles que nous édictent le cerveau, notre interaction sociale et notre positionnement dans un environnement géographique donné. Les motivations meurtrières sont à cette image : complexes et cadrées. Et donc, les motivations du tueur de papier resteront, comme dans la réalité, le reflet d’un constat qui s’inscrit dans cette double acception.
Auteur de « Mystères en Finistère », « Ca bombarde chez les Bigoudens » et « Mise en bière à Sainte Marine » aux éditions Alain Bargain

JAN THIRION


D’emblée, tout machiavélisme romanesque forcé perd en vérité ce qu’il voudrait gagner en véracité. Raconter le sordide des faits divers de manière brute oblige à tomber le masque du conteur. On se trouve partagé entre la cruauté du monde réel, qui existe, même en fermant les yeux, qu’il faudrait transcrire sans fioritures, et le travail d’invention distillant des sensations fortes qui pousse à la surenchère ou à la surabondance de détails. Or, normalement, sauf cas extrême, s’il a les capacités de se mettre à la place d’un criminel, toutes catégories confondues, un auteur n’est pas un criminel. Il n’a pas l’expérience du passage à l’acte. Il n’a pas la personnalité exacerbée du délinquant en puissance. Si l’exercice littéraire n’empêche pas de se nourrir aussi et parfois d’égocentrisme, d’agressivité, d’indifférence affective et d’une forte propension à devenir labile - les quatre piliers d’un potentiel mal incarné -, difficile, voire impossible de donner à lire ce qui est, sans contrat tacite entre auteur et lecteur, à savoir : on fait comme si c’était vrai, tout en sachant que ça ne l’est pas. Côtoyant par convention la souffrance et la mort dans chaque livre qui paraît, le roman policier s’avère le seul média ou art qui campe en permanence dans la marge de la réalité. D’où le miroir déformant qu’il nous tend. Involontairement on non. Par la dérision et le second degré dans le second cas. Néanmoins, l’image qu’il donne des fous, des tueurs, est de la même eau que celle des personnages, donc des acteurs, sur un écran de cinéma.
Dernier roman paru : « Ego fatum », éditions Krakoën – A paraître : « Rose blême », éditions Krakoën – « Dieu veille Toulouse », éditions L’Ecailler.

CHRISTIAN BLANCHARD


Rythmé par les habitudes de mon chien, je me lève de bonne heure et de mauvaise humeur. La tête dans la brume et les yeux hagards, je sors récupérer le journal déposé dans la boîte à lettre par une jeune femme encore plus matinale que moi. Je mets la cafetière en perfusion et déplie le « Ouest France ». Je laisse et délaisse les pages « prises de tête » où un ex-ministre devenu président fait sa pub sans débourser un rond… Bref, je passe et jette un œil sur les faits divers et les faits de société qui titillent mes neurones et ma fibre d’auteur (Celle-là est toujours en éveil).
Et là, je savoure…
Dutroux, Emile Louis, bébés congelés, massacre dans une école aux USA, cannibalisme en Allemagne, viols et tournantes dans des caves, trafics humains et d’organes, empoisonnement aux produits radioactifs, etc.
Ajoutons : émeutes des banlieues, mal-être de jeunes en quête d’inspiration suicidaire, corruption, génocides en tout genre et en tout lieu de la planète, etc.
Moi qui aime travailler sur le thème de « la manipulation et de la dépendance », j’ai devant moi tous les matins la plus belle « soupe » d’inspiration possible. À la question posée, ma réponse est simple : par définition, le roman n’est pas un récit relatant la réalité mais il offre aux lecteurs la possibilité que ce soit le cas. Et comme les lecteurs de ces romans sont des femmes et des hommes potentiellement « violeurs, tueurs occasionnels, tueurs en série, trafiquants » ou bien « violés, assassinés, victimes », ces livres les attirent. Je ne veux pas faire ici de la psychologie de comptoir mais on a tous au fond de soi la peur d’être la proie du « grand méchant loup » et, pour certains, l’angoisse de devenir « le grand méchant loup ».
Je ne suis pas particulièrement courageux et encore moins téméraire mais lorsque je me retrouve dans mon antre, devant l’ordinateur, à réfléchir à un roman ou à l’écrire, je peux quasiment tout faire… presque tout. Je suis bien plus à l’aise depuis que des lecteurs m’ont avoué avoir été scotchés par certains de mes livres. Confortablement cachés sous leur couette, ils aiment les sensations que leur procurent ces ouvrages. Ils se sentent en sécurité et pourtant ils savent très bien que ces histoires pourraient être vraies : eux aussi lisent la presse, écoutent les infos ou regardent la télé.
C’est pour cela qu’en tant qu’auteur j’ai la profonde conviction que “la planification d’un meurtre, la folie ou la cruauté d’un tueur en série ou les motivations d’un criminel de roman doivent faire penser que l’histoire relatée peut être vraie et qu’elles en sont logiquement proches”.
Dernier titre paru : « B.R.E.S.T. 2020 » (Toute ressemblance avec une personne existante ou pouvant exister n’est pas fortuite). Les Editions du Barbu – Prochain titre à paraître (juillet 2007) : « Le Théorème du Singe » (La peur est plus forte que la mort. Grâce à elle, je survivrai). Les Editions du Barbu.

SERGE LE GALL


Les motivations de base sont universelles. La haine, l‘amour, la vengeance, la jalousie, l’envie etc… Le criminel qui va passer à l’acte est mu par l’une ou l’autre de ces forces qui va le pousser à commettre l’irréparable. Il croit en finir avec son problème en éliminant l’objet principal de son ressentiment. La mort du sujet ( parfois simple objet de sa pulsion ) doit le conduire, croit-il, à une satisfaction. Il ne peut pas imaginer que c’est la suite ou le commencement, jamais la fin, de la difficulté à laquelle il voulait tellement se soustraire. Et parler alors de folie meurtrière rassure la foule qui s’espère si différente.
Le meurtrier de roman n’est pas si éloigné de cette façon de fonctionner. Pourquoi le serait-il d’ailleurs ? L’auteur ne puise-t-il pas dans sa connaissance des sociétés humaines pour construire son intrigue ? Comment pourrait-il en être autrement ?
L’imagination va peut-être se placer davantage sur l’imbrication des motivations, le cheminement psychologique et l’articulation des forces conscientes ou inconscientes mais sans parvenir à en créer de nouvelles. Elles peuvent être habillées d’originalité, pourquoi pas d’incohérence mais, dans le fond, ne se rattachent-elles pas, de près ou de loin, à des choses connues depuis que le monde est monde ?
La mission de l’auteur est de brosser un tableau intelligent, de corrompre les péchés capitaux afin que le criminel avance masqué vers un lecteur captif. Avant de tenter de rassurer ce dernier sur les turpitudes hypocritement impossibles des tueurs de papier et l’inviter à les laisser prisonniers des pages, corsetés de lignes et de mots. Afin que la morale soit sauve.
Dernier titre paru : « Le Moine rouge de Carantec » aux Editions Alain Bargain

CHRISTIAN DENIS


Bien sûr, les motivations des criminels de romans ressemblent à la réalité. Je les résumerais volontiers au sexe, à l’argent, et à l’amour propre (la vengeance), crimes passionnels, crimes crapuleux…Exception faite, bien entendu, pour le tueur en série, dont les motivations ne sont pas rationnelles, mais constitutionnelles : il tue pour assouvir une impérieuse nécessité physique, comme d’autres vont boire quand ils ont soif.
Les motivations des criminels de romans ressemblent à la réalité pour deux raisons. La première est qu’elles s’en inspirent : au 19e siècle, au temps du roman populaire, comme actuellement, les auteurs puisent leurs modèles dans les faits divers (presse, archives de la police) – ainsi que l’a montré Louis Chevalier, le spécialiste du genre. La seconde raison est que cette même littérature doit ressembler à la réalité pour être crédible, vraisemblable, et permettre l’illusion du réel, moteur du roman.
Toutefois, je mettrais un bémol avec des auteurs comme José Giovanni, qui mélangent le polar avec la tragédie grecque. Les malfrats sont là des héros, avec un sens de l’honneur, pas de vulgaires crapules. Mais cette tendance s’est épuisée avec la Série Noire jusqu’aux années (19)70 : le polar romantique où la figure du dabe créée par Balzac avec son Vautrin (d’après Eugène-François Vidocq), cède la place à un polar plus réaliste, par conséquent plus noir, plus effrayant.
[Christian Denis publie aux Editions E.C.D. – contact 06.79.45.04.43 – « Terreur aux Sables d’Olonne », « Coup de génie », « La Duchesse des Nantais », « Retour à La Grière-plage »…]


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